Circonvolutions autour du rond-point Schweitzer

Etonnante délibération au conseil municipal de ce jeudi soir : on nous proposait                     « d’améliorer la sécurité des piétons et des usagers de la route » du carrefour giratoire Schweitzer « par l’aménagement et la mise aux normes des passages piétons périphériques mais aussi la diminution du couvert végétal en partie centrale », et ce pour la modique somme de 80.000 euros hors taxes.

Mais quel aménagement des passages piétons alors que ceux-ci sont déjà surbaissés pour faciliter le passage des fauteuils handicapés, alors que ce n’est pas le cas de tous à Soisy ? Ce rond-point est même un des rares endroits de Soisy où les cyclistes sont traités de façon convenable ! J’ai donc demandé au maire quels aménagements, concrètement, étaient prévus, et, à mon grand étonnement, celui-ci a été dans l’incapacité de me répondre, alors qu’habituellement il connaît tous les dossiers dans les moindres détails.

Qu’est-ce que cela cache ? Est-ce que l’on dépenserait 80.000 euros pour diminuer le couvert végétal en partie centrale parce que celui-ci gêne le champ de la caméra qui est installée à cet endroit ? Voilà qui alourdirait de façon significative les frais de fonctionnement de la vidéosurveillance… Le maire a répondu de façon négative à cette interrogation mais sans apporter d’élément convaincant.

Ne pouvant admettre un tel flou dans les dépenses engagées par la Ville, les élus de Soisy pour Tous ont voté contre cette délibération.

 

 

La ville de Soisy se plie aux diktats du conseil général

Au conseil municipal de jeudi dernier, un projet de délibération était présenté de façon particulièrement malhonnête : il était demandé aux conseillers d’autoriser le maire à signer la convention tripartite avec le conseil général et le collège Descartes de mise à disposition du gymnase Descartes à partir du 3 septembre 2013, étant précisé que le taux horaire serait de 12,50 €.

Ce que le projet de délibération se gardait bien d’indiquer, c’est que, actuellement, le taux horaire facturé par la ville au conseil général pour la mise à disposition de nos locaux était de 18 euros ! C’est-à-dire que le département demandait ni plus ni moins une baisse de 30% de ce qu’il payait jusqu’ici à la ville ! Des tarifs de location qui augmentent tout le monde connaît ça, mais des tarifs de location qui baissent, toutes les personnes qui recherchent un logement aimeraient bien en trouver…

Le prétexte de cette baisse serait la situation critique des finances du département. Celui-ci trouve des centaines de millions pour financer son projet nocif d’Avenue du Parisis (BIP), mais a besoin de piquer quelques milliers d’euros à la ville de Soisy ! Encore plus choquant que le fait que le conseil général fasse une telle demande, est que les conseillers municipaux de la majorité aient accepté une telle demande sans sourciller. Par peur que le conseil général mette à exécution sa scandaleuse menace de supprimer les prestations sportives aux collégiens de Descartes ? Ou pour ne pas troubler les tours de passe-passe que permet le cumul des mandats de maire de Soisy et de numéro 2 du conseil général ?

 

Le comité d’éthique de la vidéosurveillance trompe son monde

La loi a prévu que les collectivités territoriales qui s’équipent d’un système de vidéosurveillance doivent se doter d’un comité d’éthique chargé de garantir que ce système de surveillance si particulier ne donne pas lieu à des transgressions concernant la vie privée des personnes et que toutes les règles sont bien appliquées.

Le comité d’éthique de la communauté d’agglomération a tenu sa réunion annuelle jeudi dernier. Pris par d’autres activités, je n’ai pu m’y rendre, mais je sais que je n’ai pas perdu grand-chose : d’après un collègue socialiste présent, cette réunion a été semblable aux précédentes, c’est-à-dire un one-man-show du maire qui présente une batterie de statistiques qui tendent toutes à démontrer combien ce système est efficace.

Evidemment, les statistiques présentées ne démontrent rien du tout pour ceux qui savent les mettre en perspective. Mais ceux-là sont peu nombreux puisque, en dehors des trois élus représentant les élus minoritaires de la Cavam et le représentant de Montmorency, quasiment tous les participants sont des obligés d’une façon ou d’une autre de Luc Strehaiano (élus majoritaires bien sûr, mais aussi représentants de diverses administrations ou diverses associations) n’ayant aucun goût à exercer le moindre esprit critique.

Et, surtout, ce n’est normalement pas l’objet du comité d’éthique. Mais tant que les membres du comité d’éthique n’auront pas un réel pouvoir d’investigation permettant par exemple de se rendre à n’importe quel moment au centre de surveillance urbain pour y exercer des contrôles, il faut que les citoyens sachent que le respect de la loi ne tient qu’à la bonne foi de ceux qui y travaillent…

Peu rassurant, trouvez-vous ? Je ne vous le fais pas dire.

 

A propos d’un débat qui, à juste titre, n’intéresse personne

Le Parisien de ce matin va un peu vite en besogne quand il dit que, à Soisy, « l’opposition demande des excuses au maire », puisque je ne fais pas partie de ceux qui ont fait cette demande. Il est vrai que l’expression de Luc Strehaiano à l’égard de Laura Bérot n’était pas très heureuse, mais celle-ci lui a répondu ensuite au même niveau et il aurait été préférable pour tout le monde que les choses en restent là.

Préférable en tout cas pour la qualité du débat démocratique, car il y a bien d’autres choses à discuter à Soisy qu’à monter en épingle un léger écart de langage, surtout sur un sujet qui risque de n’apparaître que comme des querelles internes aux yeux de nos concitoyens : le débat portait sur le nombre de représentants de chaque commune au conseil de la communauté d’agglomération après les élections municipales de mars 2014.

Actuellement chaque commune, quelle que soit sa taille, envoie 7 représentants au conseil de la Cavam. La loi prévoit que, dorénavant, la représentation sera en fonction  du nombre d’habitants de chaque commune, sauf accord particulier. Ce système conduisait à ce qu’Andilly et Margency n’aient plus qu’un seul représentant chacune, quand Deuil par exemple passait à 9 et que Soisy restait à 7, ce qui, on peut le comprendre, était un peu dur à avaler pour les « petites » communes. Car, s’il est normal de prendre en compte la démographie, il ne serait pas juste de rayer d’un trait de plume plusieurs siècles d’histoire des groupes constituant cette nouvelle entité.

Que Luc Strehaiano ait un peu forcé la dose sur les deux petites communes du canton dont il est par ailleurs conseiller général et qui sont quasiment assurées de rester à droite ne fait guère de doute. Trois représentants pour ces communes paraissait être le bon équilibre, mais de toutes façons il ne s’agit là que de mesures transitoires en attendant une simplification radicale de nos structures administratives et politiques. Alors finalement le plus triste c’est que, lorsque l’on fait de la mousse autour de tout ça, on ne parle pas de la politique sociale du maire qui est injuste, de sa politique sécuritaire qui est dispendieuse et inefficace, ou de sa perception des problématiques écologistes qui est inexistante…

 

Le boulevard d’Andilly refait à la mode du XXe siècle

Je ne m’étendrai pas aujourd’hui sur les tours de passe-passe qui consistent à financer des travaux pour Soisy en augmentant les impôts que devront payer les Soiséens par l’intermédiaire de structures où le maire de Soisy a un rôle déterminant tout en claironnant partout que la ville de Soisy n’augmente pas les impôts. Il s’agissait du conseil général hier pour la rue de Montmorency, il s’agit du syndicat intercommunal Siereig aujourd’hui pour le boulevard d’Andilly.

Non, le plus gênant dans la délibération qui a été votée hier soir au conseil municipal c’est bien que, une fois de plus, des travaux de requalification d’une voie de notre ville seront menés au mépris de la loi sur l’air du 30 décembre 1996 (loi Lepage) qui édicte, quand de tels travaux sont entrepris, de prendre en compte les circulations douces, en particulier de prévoir des pistes ou des bandes cyclables.

Rien de tel n’a été prévu, et donc le boulevard d’Andilly rejoindra la triste liste de toutes les voies que le maire a refaites au mépris de la loi depuis qu’il est en place : l’avenue Kellermann, l’avenue du Général-Leclerc, la rue Carnot, la rue Jean-Mermoz, la rue du Regard, sans parler de toutes les rues du Clos-Giffier. Les quelques mètres qui ont été réalisés à Soisy depuis 1995 (rue Bleury, rue du Docteur-Schweitzer) l’ont été par le département. C’est triste, en 2013, d’avoir un maire qui raisonne comme si on était encore au XXe siècle…

Pas de place pour des pistes cyclables, vraiment ?

 

Un 8 mai pas tout à fait ordinaire à Soisy

Les cérémonies marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale ont été ordinaires dans la mesure où, comme d’habitude, le maire a prononcé une allocution à tonalité plutôt nationaliste devant un parterre quelque peu clairsemé. Heureusement, le texte du ministre des Anciens Combattants qui a été lu ensuite, après le naturel hommage aux combattants, évoquait le traité de l’Elysée qui a marqué le début de l’amitié franco-allemande, traité d’autant plus admirable que c’est l’auteur de l’appel du 18 juin qui en avait pris l’initiative.

Comme d’habitude aussi, la fanfare municipale a tenu dignement sa place. Comme d’habitude encore, le maire, les officiers présents, le président de l’Association des anciens combattants, ont serré la main des porte-drapeaux. Et, de façon beaucoup plus étonnante, s’était joint à eux M. le curé de la paroisse Saint-Germain de Soisy. Un prêtre serrant la main aux porte-drapeaux ? On se demande bien à quel titre… Voilà encore un petit dérapage qui a de quoi inquiéter les défenseurs de la laïcité républicaine, mais aussi les pratiquants des autres religions, voire même la hiérarchie catholique.

Alors que cela fait partie des domaines où le premier magistrat de la commune devrait être exemplaire, de telles faiblesses sont dangereuses pour la cohésion sociale et il serait du devoir du maire d’y être beaucoup plus attentif.

 

Des armes attribuées illégalement aux agents de surveillance

Le Parisien de ce matin révèle que le maire de Soisy s’est fait rappeler à l’ordre par le préfet, celui-ci lui indiquant que les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) n’ont pas à être munis de bombes lacrymogènes puisqu’il s’agit là d’armes de 6e catégorie. Or, cela faisait trois ans qu’ils en étaient équipés, en toute illégalité !

Luc Strehaiano a obtempéré aux injonctions du préfet, mais tout en indiquant qu’il pensait qu’il y avait une mauvaise interprétation des textes et qu’il avait demandé un rendez-vous au ministère de l’Intérieur pour se faire préciser l’état de la réglementation.

Je suis un peu surpris qu’un fin connaisseur de la réglementation comme Luc Strehaiano puisse ignorer la réponse qui a été faite par le ministre de l’Intérieur à une question écrite parlementaire, très précisément sur ce même sujet (Journal officiel du 10 avril 2012). En fonction du décret 2000-276 du 24 mars 2000  et d’une circulaire ministérielle du 15 février 2005, il est dit clairement que, contrairement aux agents de police municipale, les ASVP ne peuvent être armés, même d’arme de 6e catégorie, et qu’il n’est pas prévu de modification sur ce point.

Comme le montre l’exemple qu’il donne, Luc Strehaiano va sans doute tenter d’argumenter sur le fait que tout à chacun peut porter une arme de 6e catégorie s’il y a un motif « légitime », même si la jurisprudence des tribunaux est très restrictive à ce sujet. Derrière cette « légitimité » se pose la question de sa conception de l’organisation de la sécurité publique. Sachant que les ASVP ont pour consigne de ne pas verbaliser tous les véhicules mal stationnés aux alentours du marché pour ne pas pénaliser le commerce alors que normalement c’est leur rôle, on se demande finalement quelle est la mission que leur a attribuée le maire de Soisy. Et c’est encore un sujet de fond qui n’a jamais été discuté en conseil municipal ni dans aucune instance.

D’une façon plus générale, ce petit dérapage montre combien il est nécessaire de clarifier les rôles de chacun en matière de sécurité publique entre gendarmerie, police nationale, police municipale, gardes champêtres, agents de surveillance de la voie publique… Cela fait plusieurs années qu’Europe Ecologie Les Verts réclame une simplification globale et un meilleur encadrement des forces locales de sécurité.

 

Ça roule (trop bien) pour la rue de Montmorency

Le Soisy Magazine qui vient d’être déposé dans nos boîtes à lettres nous apprend que « à la demande de Luc Strehaiano, maire, vice-président délégué du conseil général, le conseil général a programmé cette année la rénovation de la couche de roulement de la rue de Montmorency ».

Je ne m’étendrai pas sur le fait que le maire de Soisy fait une demande au conseil général dont il est le numéro 2, et que donc en quelque sorte il fait une demande à lui-même… Ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres des dysfonctionnements engendrés par le cumul des mandats, le plus gênant étant le choix lui-même et ses conséquences.

Le caractère bisauté du trottoir diminue encore la protection normalement offerte aux piétons

La rue de Montmorency est une des rues les plus dangereuses de Soisy pour les piétons qui osent s’y aventurer, entre autres du fait de l’étroitesse et de la configuration des trottoirs. Avec une couche de roulement refaite à neuf, les automobilistes auront tendance à rouler encore plus vite, puisque l’on se trouve sur une départementale et que nombreux sont ceux qui n’ont pas l’impression d’être en ville. A preuve que les priorités à droite dont bénéficient normalement les allées ne sont jamais respectées et que certains s’autorisent des dépassements potentiellement meurtriers alors qu’ils sont formellement interdits.

A partir du moment où le conseil général n’a pas l’argent pour faire les travaux permis par l’alignement et faire une voie sécurisée pour les circulations douces comme il l’a fait rue du Docteur-Schweitzer (il préfère le dépenser pour l’avenue du Parisis !), refaire juste la couche de roulement est donc une opération nocive. D’autant qu’il n’a même pas été prévu de mettre des passages piétons à chaque intersection, petit coup de peinture qui au moins soulignerait le caractère urbain de cette voie.

 

Des subventions régionales pour les aménagements cyclables

Pierre Serne, vice-président aux transports et à la mobilité de la région Ile-de-France, était hier soir à Mériel pour une réunion publique. S’il a bien sûr parlé des projets « lourds» comme la future gare d’interconnexion à Pleyel qui sera capitale pour notre département, il a aussi évoqué une multitude de mesures de nature à améliorer notre mobilité au quotidien.

Par exemple, la Région souhaite développer les circulations douces. Mais comme, en tant qu’institution, elle n’a pas de maîtrise de la voirie en direct, elle subventionne de 40 à 60 % les projets d’aménagements cyclables qui lui sont présentés par les collectivités locales, en particulier les communautés d’agglomération. Jusqu’à 60 %, c’est un taux de subvention exceptionnel ! Si Luc Strehaiano, maire de Soisy et président de la Cavam, pourtant habituellement très habile à décrocher les subventions, n’a rien fait en ce domaine, c’est donc bien parce qu’il préfère que continuent à se développer les moyens de transport les plus polluants.

Mais nous sommes au XXIe siècle et il faudra bien, tôt ou tard, nous adapter. 2014, avec les élections municipales et aux conseils communautaires, sera la bonne occasion de renouveler les élus afin de pouvoir mettre en place des politiques répondant aux problèmes de notre temps.

 

 

Le conseil municipal de Soisy, une instance où sont prises les décisions ?

Les rares Soiséens qui viennent assister aux séances du conseil municipal sont souvent frappés par le manque de débats lors de ces réunions : un conseiller municipal de la majorité lit un projet de délibération qui a été rédigé par les services administratifs, une fois sur 4 ou 5 il y a un conseiller municipal de la minorité qui pose une question ou fait une déclaration à laquelle répond le maire et puis c’est tout, ça s’arrête là.

Cette façon de faire n’est pas en soi un problème dans la mesure où la séance du conseil municipal est normalement la mise en forme et l’officialisation de débats antérieurs, où elle n’est que l’aboutissement d’un travail qui s’est fait préalablement dans les commissions municipales.

Là où cela devient beaucoup plus gênant c’est lorsque — comme cela se passe à Soisy —, les commissions elles-mêmes ne font qu’entériner des décisions qui ont été prises avant. Ainsi, dans le compte-rendu de la commission de la réussite éducative du 19 mars, on peut lire par exemple ceci : « Mme Bonneau rappelle que M. le Maire a décidé d’accorder une participation exceptionnelle de 80 euros par élève soiséen du collège Descartes participant au voyage en Bretagne et en Normandie. Cette aide financière sera votée lors de la séance du conseil municipal du 28 mars prochain ».

Cet état de soumission aux décisions du chef suprême est tellement intériorisé par chacun que ça ne choque plus personne d’écrire de telles énormités dans un compte-rendu de commission ! Il y a du chemin à faire pour revenir aux sources de la démocratie…