Jeune président, vieille politique

Si la cérémonie d’investiture d’Emmanuel Macron avait incontestablement plus d’allure que les précédentes, il est cependant à craindre qu’elle soit bien symptomatique de tous les faux-semblants qui ont émaillé la campagne du candidat d’En Marche.

En effet, ce mouvement n’a cessé de nous répéter qu’on entrait dans une nouvelle ère, qu’ils ne feraient pas de la « tambouille politique ». Mais, pourquoi donc la nomination du nouveau Premier ministre qu’on a attendue toute la matinée n’a finalement été annoncée que dans l’après-midi ? Évidemment parce qu’il y avait d’intenses négociations qui n’arrivaient pas à aboutir sur la place que pourraient avoir les élus de droite dans le gouvernement. Ces négociations n’ont d’ailleurs rien de honteux en elles-mêmes, c’est naturel, tous les groupes humains fonctionnent ainsi. Ce qui est grave c’est de vouloir faire croire qu’on fait différemment alors qu’on fait exactement comme avant.

Plus inquiétante encore a été la désignation des 400 premiers candidats d’En Marche, dont beaucoup ont été présentés sans expérience politique, mais ce qui en fait importe peu. Ce qui est important c’est leur mode de désignation. Dans toutes les structures démocratiques, il y a un vote d’un certain nombre d’individus qui choisissent l’un des leurs pour les représenter. Même si c’est souvent hélas théorique, ils doivent des comptes à cette base qui les a désignés. Là, à qui les candidats d’En Marche devront-ils des comptes ? A celui qui leur a fait le bonheur de les choisir, c’est-à-dire leur chef Emmanuel Macron. C’est dire à quel point on aura une armée de petits soldats incapables de penser par eux-mêmes, juste dévoués à leur chef. Et donc, sous les habits de la modernité, c’est un grand recul démocratique.

 

Blanc !

Après des quinquennats effectués par des camps opposés même s’ils ne remettaient pas en cause le libéralisme triomphant, le fait qu’un candidat dont les discours n’ont aucun contenu arrive en tête de l’élection présidentielle est un marqueur inquiétant de l’état de déliquescence de la démocratie française.

Mais pas seulement : cet alignement de mots à la mode vide de sens n’est pas neutre. François Fillon éliminé du fait de son amoralité, Emmanuel Macron  est à l’évidence le candidat qui convient le mieux au monde de la finance. Et ce n’est pas ce candidat, complètement soumis au pouvoir des lobbies, qui sera en mesure d’enclencher les urgentes mesures sociales et écologiques dont le pays a besoin.

Le candidat dont j’ai soutenu le programme de futur désirable, Benoît Hamon, appelle à voter Macron. Mais c’est Philippe Poutou qui a raison en disant qu’un vote Macron ne protège guère de Le Pen et que c’est maintenant dans les luttes sur le terrain que les choses vont se jouer. Je ne me referai pas avoir comme en 2002 avec le vote Chirac. Pour construire aujourd’hui quelque chose de nouveau il faut montrer que la Ve République et ses loteries électorales sont à bout de souffle. Seul un vote blanc massif montrera au vainqueur qu’il ne pas pourra continuer les politiques libérales destructrices, et ce sera mon vote.

La résidence du Parc sera bientôt « bâtiment basse consommation »

20170418_154233 - CopieCe mardi s’est déroulée une petite cérémonie pour célébrer le début des travaux qui doit permettre à la résidence du Parc — située chemin du Parc à Soisy — de devenir « bâtiment basse consommation » (BBC). Cette opération est pilotée par la société d’économie mixte Energies Posit’if mais a été rendue possible par le volontarisme du conseil syndical de la copropriété, qu’il convient de saluer.

En effet, si ces travaux permettront à terme de réaliser 53 % d’économies d’énergie, ils se montent quand même à plus de 1.200.000 euros et, même après les aides de la Région, de l’Ademe et les crédits d’impôts, cela laisse une somme conséquente à régler aux copropriétaires.

Et si Luc Strehaiano s’est fendu d’un petit discours pour saluer cette réalisation, il a répondu négativement à la demande des copropriétaires d’exonération temporaire de la taxe foncière qui est rendue possible par les textes en vigueur. Alors que, sur sa volonté, la Ville accorde des subventions aux copropriétés qui font des travaux dits de « sécurisation », il ne fait rien pour les copropriétés qui font des investissements porteurs d’avenir, rien d’autre que couper le ruban d’inauguration…

 

L’élection importante c’est les législatives

La loterie de l’élection présidentielle, où les citoyens vont plus voter contre un candidat (en fonction de sondages incontrôlables) qu’en faveur d’un projet, va vraisemblablement déboucher sur un résultat calamiteux. La seule chose un peu réconfortante est que celui qui sera finalement élu n’aura vraisemblablement pas de majorité législative, ce qui permettra à l’Assemblée nationale d’enfin jouer son rôle d’assemblée, du jamais-vu sous la Ve République.

Il faudra tout faire à ce moment-là pour que soit défendu un programme de transformation sociale et de transition écologique tel que Benoît Hamon en a tracé les grandes lignes, de concert avec tous les militants de gauche sincères. En tant que candidat EELV sur la 6e circonscription du Val-d’Oise (Andilly, Deuil, Enghien, Margency, Montmagny, Saint-Gratien, Sannois, Soisy) j’y prendrai toute ma part, avec comme suppléante Nadine Lebreuilly, qui habite le quartier des Noëls à Soisy et qui est une militante associative de la cause animale.

Benoît Hamon est dans la vraie tradition de gauche en développant des idées nouvelles

Dimanche 26 mars au marché de Soisy
Dimanche 26 mars au marché de Soisy

En ces temps où de nombreux citoyens sont plus que perplexes face à la configuration que prend cette élection présidentielle, il est normal que je fasse part publiquement de mon choix. Réservé sur le fait que les écologistes présentent cette fois encore un candidat à l’élection présidentielle, je me suis évidemment réjoui de l’accord entre Yannick Jadot et Benoît Hamon.

En effet, l’heure n’est plus pour les écologistes de témoigner comme nous le faisons depuis 40 ans, mais de changer radicalement la société. Pour cela, le meilleur levier est bien sûr d’avoir un candidat porteur de nos idées qui soit en mesure de remporter le second tour, et pour la première fois nous en avons un en la personne de Benoît Hamon.

Porteur de nos idées, Benoît Hamon l’est indiscutablement comme le montrent la campagne qu’il a faite lors de la primaire socialiste ainsi que le texte de l’accord signé avec Yannick Jadot. Et si l’accord conclu en 2012 avec François Hollande n’était qu’un tiède compromis fait au nom de la raison, il en va tout autrement aujourd’hui : le rôle de la gauche a toujours été d’être porteuse d’idées nouvelles profitant à l’intérêt général comme la réduction du temps de travail, les congés payés ou le principe même de la protection sociale. Benoît Hamon s’inscrit pleinement dans cette tradition en proposant le revenu universel, proposition qui répond pleinement aux problématiques de notre temps et qui est dans la logique exactement contraire de celle que le monde capitaliste veut nous imposer.

Les pays européens ont largement les moyens de mettre en œuvre une telle mesure. Sa mise en place aura des effets secondaires bénéfiques dont nous soupçonnons à peine l’ampleur. Et nous serons fiers si c’est la France, avec Benoît Hamon, qui aura été la première à montrer la voie.

 

Les abus de quelques-uns ne doivent pas conduire à mal légiférer

Il est inquiétant de constater que l’évidente amoralité du sieur François Fillon risque de conduire à interdire aux parlementaires d’employer des membres de sa famille, ce qui est complètement absurde, voire dangereux.

De nombreux conjoints d’artisans et de commerçants travaillent pour leur époux ou leur épouse, de nombreux enfants commencent à travailler avec leurs parents avant de reprendre l’entreprise familiale, il n’y a rien de plus naturel. Alors, certes, le « métier » de politique n’est pas un métier comme les autres et il n’est pas choquant qu’il fasse l’objet de dispositions particulières. Mais, par exemple, tout le monde sait que la deuxième épouse de Nicolas Sarkozy a eu un rôle actif dans la carrière politique de son mari, je ne sais pas si ça a été le cas mais il n’y aurait rien de choquant à ce qu’elle ait reçu un salaire pour cela.

Surtout, jusqu’où va-t-on considérer que va la famille ? Oncles et tantes, cousins et même petits-cousins ? Va-t-on aller, comme sous l’Ancien Régime, jusqu’au 8e degré civil où il fallait une dispense de l’évêque pour se marier ? Et, s’il est facile de déterminer ce qu’est un couple légitime, quel sera le sort des pacsés et de ceux qui vivent en union libre, que ce soit au grand jour ou de façon plus discrète ? Mènera-t-on des enquêtes de police pour savoir quelle est la nature de leur lien ?

Et puis, alors que l’on sait que de nombreuses personnes trouvent leur futur-e conjoint-e dans leur milieu professionnel, cela voudrait dire qu’à un député et son attaché parlementaire il serait par définition interdit d’avoir une relation affective poussée ? Parce que cette relation tomberait sous le coup de la loi ? Qu’avant toute concrétisation du lien il faudrait licencier, ce qui poserait d’autres problèmes par rapport au droit du travail ?

Il faut arrêter les délires. Les problèmes posés par les pratiques de François Fillon ne sont pas de nature légale, ils sont de nature morale. Et la loi n’a pas forcément vocation à régir la morale.

A propos de la nouvelle collecte des déchets ménagers par le syndicat Emeraude

Dans un communiqué de presse, le maire d’Ermont se plaint de la nouvelle organisation de la collecte des déchets ménagers par le syndicat Emeraude. S’il n’a pas tort quand il évoque une certaine pagaille due aux changements de jours et d’horaires — mais il faut laisser un petit temps d’adaptation aux habitants de la Vallée de Montmorency —, il est stupéfiant de lire sous la plume d’un élu qui se targue d’écologie la demande de « revenir à ce qui existait », c’est-à-dire principalement revenir à deux collectes par semaine pour la poubelle grise, celle des ordures résiduelles.

En effet, avec (enfin!) la collecte des végétaux organisée maintenant et l’attention de plus en grande des citoyens apportée au tri de leurs déchets, la collecte de la poubelle grise une fois par semaine est largement suffisante. Multiplier les collectes serait inciter les habitants au laisser-aller.

Le seul reproche que l’on pourrait faire au syndicat Emeraude c’est dans la présentation de son calendrier des différentes collectes : il est indiqué les jours de collecte alors que, du fait que certaines sont le matin et d’autres le soir, il aurait dû être conçu en fonction du jour où les habitants doivent sortir leurs poubelles.

Le PLU et la restauration scolaire au conseil municipal du 26 janvier

Curieusement, alors qu’il avait milité pour une communauté d’agglomération de projet, lors du conseil municipal du 26 janvier le maire de Soisy a fait voter une délibération pour s’opposer au transfert de la compétence plan local d’urbanisme (PLU) à la communauté d’agglomération Plaine Vallée. Doit-on comprendre que les communes du nord de la forêt de Montmorency n’ont pas la même vision du développement économique que celles de l’ex-Cavam ? La réponse du maire à ma question sur ce sujet ne m’a pas vraiment éclairé…

En revanche, sur la délibération qui portait sur la fourniture et la livraison de denrées alimentaires pour les besoins de la restauration municipale (principalement les cantines scolaires), j’ai eu toutes les assurances comme quoi le cahier des charges pour l’appel d’offres respectait les données réglementaires avec un minimum de 20 % de bio et que bon nombre des produits provenaient d’un rayon de moins de 200 km, entre autres de l’Oise et des Yvelines.

Merci cher Canard

Jamais la vitalité du « quatrième pouvoir », la presse, n’a été aussi indispensable qu’aujourd’hui. Merci donc au Canard enchaîné d’avoir révélé au pays ce qu’étaient les pratiques réelles de celui qui prétendait donner des leçons de morale au reste de la classe politique. Quelle que soit l’issue judiciaire à laquelle nous assisterons, il est maintenant évident que l’homme politique François Fillon détournait à des fins personnelles les fonds publics qui lui étaient alloués pour accomplir son mandat.

Peut-être que Pénélope Fillon l’a quelque peu aidé dans différentes tâches comme cela se passe dans tous les couples. Moi-même, il est arrivé à maintes reprises que mon épouse me donne des idées, des informations, modifie des articles que j’avais rédigés, corrige des tracts que j’avais écrit, et tout cela bénévolement. Bénévolement parce que, moi-même acteur politique bénévole, j’aurais été bien en peine de lui attribuer un quelconque salaire.

Alors que Pénélope Fillon ait —  dans le meilleur des cas — touché des salaires mirobolants pour de potentielles tâches plus que légères, oui, c’est énormément choquant. Et quand ce scandale est le fait de quelqu’un qui voulait supprimer 500.000 emplois de fonctionnaires aux salaires souvent modestes au prétexte de redresser le pays, on mesure le cynisme de ces dirigeants sans aucun sentiment humain. Il n’y a plus qu’à souhaiter que ce soit le peuple qui désormais lui interdise toute responsabilité publique.