Foutage de gueule

Qui aurait cru qu’on pouvait jeter de l’huile sur le feu en ne disant rien ? C’est pourtant ce que vient de faire Emmanuel Macron ce soir. Aucune remise en cause sur sa politique qui a fait qu’on en est arrivé là, que du vide, que des annonces qui ne changent rien aux drames que nous vivons aujourd’hui.

Il va aider les commerçants ? Il ne peut plus rien faire pour soutenir un commerçant qui, effondré, découvre sa boutique saccagée. Le gouvernement va mettre la main à la poche ? Mon œil ! Ce sont d’abord les assurances qui vont payer et, peut-être un jour, l’État apportera un petit complément à l’issue de longues procédures.

Il va donner aux préfets le pouvoir d’interdire les manifestations ? Et il n’y a aucun journaliste pour rappeler que les préfets ont déjà ce pouvoir depuis longtemps ! Et qu’ils ne sont jamais privés d’utiliser ce pouvoir. Et quand ils l’utilisent ça se termine souvent encore plus mal.

Il va faire baisser le prix de l’essence en allant se promener au Moyen-Orient ? Qui peut croire que ce président complètement démonétisé depuis deux ans va pouvoir faire quoi que ce soit avec les États du Golfe alors qu’eux-mêmes sont de plus en plus démunis à cause des décisions erratiques de Trump ?

Il dit aux lycéens qu’il faut rester sages pour pouvoir entendre leurs revendications ? Mais ils sont restés sages des années durant pendant que ses ministres déshabillaient l’Éducation nationale et que se multipliaient les signaux d’alerte. Même au début du mouvement ils étaient sages et ce sont les violences policières qui ont radicalisé un certain nombre d’entre eux. Maintenant, à part de l’enfumage, ils savent bien qu’ils ne peuvent plus rien attendre de ces gouvernants.

Ce discours qu’on dirait écrit et prononcé par un hologramme fait penser à Louis XV qui, en son siècle, disait « Après moi le déluge ». Car c’est bien le déluge qui risque de s’abattre sur notre pays après cette insulte supplémentaire faite au peuple de France.

L’extrême droite au pouvoir

On voit partout sur les chaînes d’info et les chaînes grand public des images de vitrines saccagées, de voitures en feu, de rues dévastées avec des commentaires de journalistes qui ne disent pas grand-chose de la réalité de la situation et ensuite des propos indignés de diverses personnes bien habillées qui glosent sur la violence et qui poussent même le cynisme jusqu’à déclarer que ces violences desservent la « juste cause » des lycéens.

Mais d’où vient cette violence ? La première violence est celle de l’État qui ne fait que travailler à dégrader les conditions d’existence de la majorité de la population au profit d’une infime minorité. La deuxième violence vient effectivement de quelques bandes de casseurs qui, depuis toujours, profitent des mouvements de masse pour se livrer au « plaisir » du pillage et de la baston.

Mais on a vu aussi des mouvements de masse où il ne passait rien de tel. Parce que, jusqu’à récemment, on avait une police compétente qui savait très bien isoler et neutraliser ces bandes et donc il n’y avait aucun spectacle de désolation à filmer et à montrer à la télévision. Mais comme ça arrange le pouvoir de montrer des images effrayantes pour détourner l’attention des problèmes de fond, et bien il donne les consignes pour que ça se passe mal.

Ce n’est pas tout à fait nouveau, le ministre Darmanin en avait déjà fait une sanglante démonstration à Sainte-Soline. Ce qui est nouveau c’est que les « forces de l’ordre » envoyées sur le terrain ne sont plus des gardiens de la paix mais des amateurs de bagarres pour qui toutes les cibles sont bonnes à prendre, de l’adolescent à terre à l’élu auquel on arrache son écharpe tricolore.

C’est l’exécutif en place qui autorise ces horreurs. Mes chers compatriotes, n’ayons plus peur de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir : elle y est déjà.

La police en roue libre, des ministres indignes de leurs fonctions

Bien sûr, quand j’étais lycéen, j’ai participé à des manifs de lycéens. Plus tard, j’ai participé à des manifs où j’ai vécu des charges policières violentes avec des ministres de l’Intérieur comme Marcellin et Poniatowski qui n’étaient pas des tendres. Mais je n’ai jamais vu ces violences incroyables contre des lycéens.

Aujourd’hui, un ministre peut annoncer sans ciller qu’il y a eu 215 lycéens blessés dans les manifestations de ces dernières semaines. Deux ou trois ce serait éventuellement compréhensible, il peut toujours y avoir des incidents qui tournent mal. Mais plusieurs centaines ! C’est forcément le résultat d’une doctrine de maintien de l’ordre déjà disproportionnée en général, mais qui était jusqu’ici impensable contre des enfants.

Je ne parlerai pas ici des raisons de fond qui sont la cause de cette mobilisation de notre jeunesse, les syndicats et les partis de gauche le font avec justesse. Je voulais juste dire que, dans une République digne des valeurs que notre pays porte depuis plusieurs siècles, les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation auraient dû démissionner.

Le mirage de l’électrification du parc automobile

Il est un mantra que l’on entend de plus en plus souvent dans les prises de parole de responsables politiques ou médiatiques, c’est que le passage à l’électrique de toutes les voitures va quasiment être la solution miracle pour réduire sensiblement les émissions de dioxyde de carbone. Il y a encore deux candidats (Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel) qui l’ont déclaré sans ciller lors de la primaire socialiste mercredi dernier.

Passons sur le fait qu’il y aurait bien d’autres choses à faire pour réellement décarboner, comme par exemple taxer le kérosène à la même hauteur que l’essence et cesser d’agrandir les aéroports comme c’est encore en projet à Roissy.

Passons aussi sur le fait que le fonctionnement des batteries repose largement sur l’utilisation de matières premières venant des pays du Sud ce qui, en plus des problèmes moraux, peut rapidement déboucher sur des inquiétudes en matière d’approvisionnement.

La question pourrait se poser avec plus de pertinence si notre alimentation en électricité venait majoritairement d’énergies renouvelables propres. Or en la matière nous dépendons surtout du nucléaire qui est tout sauf une énergie propre, ne serait-ce qu’à cause des déchets radioactifs que l’on sait de moins en moins gérer et stocker.

Ces difficultés nous les connaissons depuis longtemps. Mais les canicules de cet été ont mis le doigt sur des problèmes qui étaient pourtant largement prévisibles : les centrales nucléaires ont besoin d’énormes quantités d’eau pour refroidir les réacteurs, et l’eau qu’elles rejettent est toujours plus chaude que celle qu’elles puisent. Actuellement, il existe des seuils d’augmentation de température au-delà desquels elles n’ont plus le droit de fonctionner, même si elles obtiennent souvent des dérogations (!).

Le réchauffement climatique provoquant, entre autres méfaits, l’assèchement des cours d’eau, elles seront de plus en plus souvent obligées de se mettre à l’arrêt. Avec comme conséquences une augmentation du prix de l’électricité, voire une cessation de l’approvisionnement. Ne tombons donc pas dans le piège du tout-électrique ! Pour l’automobile, la solution la plus raisonnable à ce jour paraît être la voiture hybride, dont l’énergie électrique provient certes du moteur thermique, mais avec au final une pollution diminuée.

A l’Élysée comme à Soisy, la gauche peut gagner !

Ce regain d’optimisme me vient après la déclaration d’Olivier Faure hier soir comme quoi il est candidat à l’élection présidentielle. Certes, je suis toujours écologiste et j’approuve la démarche et la décision de mon parti de présenter à l’élection cette excellente candidate qu’est Marine Tondelier. Mais, moins que jamais, l’heure n’est pas à la langue de bois, et il faut bien avouer que ses chances d’accéder au second tour sont assez limitées.

Aussi, le seul réel espoir de voir la gauche l’emporter se trouve vers la gauche sociale-démocrate et donc celui qui remportera la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique. Si Raphaël Glucksmann est pour l’instant le favori de cette primaire, je crois néanmoins que ses chances de l’emporter au second tour face à l’extrême droite sont assez limitées à cause de son rejet viscéral de LFI. Ce rejet peut se comprendre, mais il y a bon nombre de militants et d’électeurs qui ne lui pardonneront pas.

Il en va tout autrement d’Olivier Faure qui, en vieux militant expérimenté, sait œuvrer, dans les moments cruciaux, au rassemblement de la gauche, de toute la gauche. Il ne s’enflamme sans doute pas comme son compétiteur, mais il a la sagesse de celui qui connaît la force du collectif et la détermination de celui qui a milité dans les milieux populaires et les classes moyennes. Alors que Glucksmann, de part ses origines sociales et son parcours, se prend un peu trop pour l’homme providentiel. Fasse que les militants du PS ne s’y trompent pas !

Tout comme à Soisy où les errements du PS depuis vingt-cinq ans ont fait beaucoup de dégâts. Pourtant certains de ses militants voient juste. Et quand tous les citoyens de sensibilité de gauche trompés par le double discours d’Omar Bekare auront compris qu’ils sont dans une impasse, nous pourrons construire un Soisy socialiste et écologique.

Non, Nicolas Naudet n’a pas augmenté son indemnité de 173 %

Il fait partie des missions d’un élu municipal minoritaire de critiquer la majorité. Mais quand il le fait en présentant les choses de façon complètement tordue comme vient de le faire Omar Bekare avec son « journal » le Soiséen.info, c’est surtout la confiance des citoyens envers leurs élus, toutes tendances confondues, qui en prend un coup et c’est dangereux pour la démocratie.

Du fait de ses nombreuses fonctions, Luc Strehaiano était touché par la loi sur le plafonnement des indemnités. Percevant environ 7.000 € par ailleurs, il avait choisi de diminuer celle versée par la ville, la ramenant à 1.506 €. Donc la réalité, si on parle de la fonction, c’est que le maire de Soisy d’avril 2026, avec 4.110 €, touche deux fois moins que le maire de Soisy de février 2026 !

Si on parle de la personne, Nicolas Naudet touche certes plus en tant que maire que lorsqu’il était adjoint, mais ce n’est évidemment pas la même charge qui pèse sur ses épaules. Le choix d’arrêter son activité salariée (et donc de ne pas cumuler salaire-indemnité) est plutôt tout à son honneur parce que Soisy mérite bien d’avoir un maire qui se consacre entièrement à elle.

Mais que des médias nationaux comme LCI relaient ce genre de manipulations sans procéder aux vérifications nécessaires, c’est également très inquiétant.

Premier conseil municipal, la parité déjà mise à mal

Jamais on n’avait vu foule aussi nombreuse dans le public, ce vendredi 27 mars, pour l’installation d’un nouveau conseil municipal. Il faut dire que c’était la première fois, depuis plus de trente ans, que l’on s’apprêtait à découvrir le visage d’un nouveau maire.

Les 26 premiers de la liste de Nicolas Naudet étaient présents ou représentés, les 6 premiers de la liste de Luc Strehaiano étaient présents, le seul élu de la liste de David Corceiro était là. Une seule liste n’était pas représentée par les deux premiers du bulletin de vote, celle d’Omar Bekare : pour des raisons inconnues, la deuxième de sa liste, Chantal Louison, n’a pas souhaité siéger et a donc cédé sa place au troisième, Alexandre Amédéo. L’esprit de la loi est contourné avec deux hommes pour représenter le groupe Soisy Ensemble, déséquilibrant également l’ensemble du conseil municipal avec 18 hommes pour 15 femmes.

Fort logiquement, Nicolas Naudet a été élu par 24 voix et 9 bulletins blancs. Dans son discours de remerciement il a naturellement dit qu’il serait le maire de tous les Soiséens, mais il a aussi eu des mots pour saluer l’action de son prédécesseur. On peut dire que c’est de la courtoisie républicaine toujours bonne à prendre dans un monde de plus en plus violent, mais on peut aussi noter que c’est largement contradictoire avec ce qu’il disait dans ses documents de campagne…

Le deuxième point de l’ordre du jour était la fixation du nombre d’adjoints au maire, Nicolas Naudet a choisi le nombre maximal autorisé, 9. Luc Strehaiano, qui en son temps avait choisi le nombre minimal, 6, a simplement déclaré que le nombre d’adjoints dépendait de l’organisation générale choisie et que, en tant qu’élu minoritaire, il n’avait pas à intervenir là-dessus. Ensuite David Corceiro a, hélas, fait une déclaration qui ne répondait pas du tout à la problématique posée.

Venait ensuite l’élection des adjoints. Nicolas Naudet les a choisis dans l’ordre de sa liste, à une notable exception près : Marie-Paule Lemoine, qui était deuxième et aurait donc dû être première adjointe, a vu passer devant elle Jean-Philippe Deluchey, avec pour effet secondaire que le bureau municipal est de ce fait composé de 6 hommes et seulement 4 femmes ! Alors qu’il y aurait dû avoir 9 bulletins blancs pour cette élection comme pour les précédentes, il n’y en a eu que 7. Est-ce pour approuver cette non-parité que deux membres de l’opposition ont voté pour cette liste ?

Ces pratiques anti-féministes ne sont pas pour nous rassurer quant au fonctionnement futur de ce conseil municipal. Quant à la surprenante initiative, jamais vue, de faire chanter la Marseillaise à toute la salle à la fin du conseil, on peut se demander quelle en est la signification.

Post-vote

Entre les deux tours j’ai publié un article comme quoi, malgré la peu réjouissante situation, il était encore possible de mettre fin à tous les cumuls de Luc Strehaiano, ce qui conduisait à voter pour Nicolas Naudet. Peu après j’ai appris que celui-ci était soutenu par le Rassemblement national (que je croyais absent de Soisy depuis le retrait de Philippe Lacombe), et ceci a évidemment été un facteur bloquant pour moi et du coup j’ai voté pour David Corceiro qui de toutes façons n’avait aucune chance d’être élu.

Pour autant, est-ce que le soutien du Rassemblement national veut forcément dire que Nicolas Naudet est encore plus à droite que Luc Strehaiano ? Maintenant qu’il est élu, nous allons juger sur pièces, sans complaisance.

Mettre fin à tous les cumuls

Que quelqu’un détienne une même responsabilité politique pendant plus de 30 ans, même si c’est la meilleure des personnes, ce n’est jamais bon pour la démocratie. Luc Strehaiano est maire de Soisy depuis 1995 et occupe de nombreuses autres fonctions : président de la communauté d’agglomération, premier vice-président du conseil départemental et il se retrouve également à la tête de plusieurs syndicats, autre cumul malsain.

Pour la première fois depuis longtemps, il n’a pas été réélu dès le premier tour. 34 %, ce n’est pas très glorieux pour un maire sortant. Mais, avec le maintien de trois autres listes au second tour, il risque de repasser encore, même si c’est avec une majorité très relative.

Avec 15 %, Omar Bekare a perdu plus de 3 points par rapport à son score de 2020 et David Corceiro plus de 4 points. Malgré tout, l’un comme l’autre continuent de tenir un discours comme quoi ils seraient en capacité de battre le maire sortant. Cette façon de prendre les électeurs pour des imbéciles avec des propos trompeurs est insupportable.

La seule façon de mettre fin à tous les cumuls de Luc Strehaiano, c’est de voter pour Nicolas Naudet, qui a obtenu un très honorable 27 %. Alors certes voter pour un candidat de droite n’est pas quelque chose de naturel pour moi — mais il y a déjà eu le vote Chirac en 2002 pour contrer Le Pen —, malgré tout ce sera mon choix le 22 mars.

Alors, certes, il ne mènera pas une politique qui me conviendra mais sa victoire sera quand même une bonne chose pour la démocratie et au moins il mettra fin aux sens interdits aberrants mis en place par Luc Strehaiano. Quand un maire se met à agir pour satisfaire ses lubies personnelles contre l’intérêt général, il est grand temps de l’envoyer à la retraite.

La plus triste des élections municipales

Cinq listes à ces élections municipales de mars 2026 et pas une seule pour porter les valeurs de la gauche ! Tragique situation dans laquelle j’ai sans doute une part de responsabilité, mais la faute principale vient quand même des comportements erratiques du Parti socialiste depuis plus de trente ans. Ce triste constat fait il faut bien choisir, une abstention ou un vote blanc n’apporterait rien de positif.

J’élimine tout de suite les deux candidats de droite, Luc Strehaiano et Nicolas Naudet, tout en leur reconnaissant le mérite de ne pas se cacher derrière leur petit doigt. J’ai plus de respect pour des acteurs politiques qui ont des convictions très différentes des miennes que pour ceux qui vont se comporter en électrons libres sans ligne directrice affichée et assumée.

Omar Bekare, dont les pratiques sont un danger pour notre société démocratique, est évidemment à écarter de la façon la plus énergique. En piste il y a aussi David Corceiro, qui a des qualités, mais pas celles qu’il faut pour être maire. Alors il ne reste plus qu’Aylan Belili auquel, à part sa trouble ambition, on ne peut encore rien reprocher de concret. Ce sera mon choix du 15 mars.