Il est un mantra que l’on entend de plus en plus souvent dans les prises de parole de responsables politiques ou médiatiques, c’est que le passage à l’électrique de toutes les voitures va quasiment être la solution miracle pour réduire sensiblement les émissions de dioxyde de carbone. Il y a encore deux candidats (Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel) qui l’ont déclaré sans ciller lors de la primaire socialiste mercredi dernier.
Passons sur le fait qu’il y aurait bien d’autres choses à faire pour réellement décarboner, comme par exemple taxer le kérosène à la même hauteur que l’essence et cesser d’agrandir les aéroports comme c’est encore en projet à Roissy.
Passons aussi sur le fait que le fonctionnement des batteries repose largement sur l’utilisation de matières premières venant des pays du Sud ce qui, en plus des problèmes moraux, peut rapidement déboucher sur des inquiétudes en matière d’approvisionnement.
La question pourrait se poser avec plus de pertinence si notre alimentation en électricité venait majoritairement d’énergies renouvelables propres. Or en la matière nous dépendons surtout du nucléaire qui est tout sauf une énergie propre, ne serait-ce qu’à cause des déchets radioactifs que l’on sait de moins en moins gérer et stocker.
Ces difficultés nous les connaissons depuis longtemps. Mais les canicules de cet été ont mis le doigt sur des problèmes qui étaient pourtant largement prévisibles : les centrales nucléaires ont besoin d’énormes quantités d’eau pour refroidir les réacteurs, et l’eau qu’elles rejettent est toujours plus chaude que celle qu’elles puisent. Actuellement, il existe des seuils d’augmentation de température au-delà desquels elles n’ont plus le droit de fonctionner, même si elles obtiennent souvent des dérogations (!).
Le réchauffement climatique provoquant, entre autres méfaits, l’assèchement des cours d’eau, elles seront de plus en plus souvent obligées de se mettre à l’arrêt. Avec comme conséquences une augmentation du prix de l’électricité, voire une cessation de l’approvisionnement. Ne tombons donc pas dans le piège du tout-électrique ! Pour l’automobile, la solution la plus raisonnable à ce jour paraît être la voiture hybride, dont l’énergie électrique provient certes du moteur thermique, mais avec au final une pollution diminuée.
