Foutage de gueule

Qui aurait cru qu’on pouvait jeter de l’huile sur le feu en ne disant rien ? C’est pourtant ce que vient de faire Emmanuel Macron ce soir. Aucune remise en cause sur sa politique qui a fait qu’on en est arrivé là, que du vide, que des annonces qui ne changent rien aux drames que nous vivons aujourd’hui.

Il va aider les commerçants ? Il ne peut plus rien faire pour soutenir un commerçant qui, effondré, découvre sa boutique saccagée. Le gouvernement va mettre la main à la poche ? Mon œil ! Ce sont d’abord les assurances qui vont payer et, peut-être un jour, l’État apportera un petit complément à l’issue de longues procédures.

Il va donner aux préfets le pouvoir d’interdire les manifestations ? Et il n’y a aucun journaliste pour rappeler que les préfets ont déjà ce pouvoir depuis longtemps ! Et qu’ils ne sont jamais privés d’utiliser ce pouvoir. Et quand ils l’utilisent ça se termine souvent encore plus mal.

Il va faire baisser le prix de l’essence en allant se promener au Moyen-Orient ? Qui peut croire que ce président complètement démonétisé depuis deux ans va pouvoir faire quoi que ce soit avec les États du Golfe alors qu’eux-mêmes sont de plus en plus démunis à cause des décisions erratiques de Trump ?

Il dit aux lycéens qu’il faut rester sages pour pouvoir entendre leurs revendications ? Mais ils sont restés sages des années durant pendant que ses ministres déshabillaient l’Éducation nationale et que se multipliaient les signaux d’alerte. Même au début du mouvement ils étaient sages et ce sont les violences policières qui ont radicalisé un certain nombre d’entre eux. Maintenant, à part de l’enfumage, ils savent bien qu’ils ne peuvent plus rien attendre de ces gouvernants.

Ce discours qu’on dirait écrit et prononcé par un hologramme fait penser à Louis XV qui, en son siècle, disait « Après moi le déluge ». Car c’est bien le déluge qui risque de s’abattre sur notre pays après cette insulte supplémentaire faite au peuple de France.

Malheureusement, le ridicule ne tue toujours pas

Tuer politiquement, s’entend. Car, même pour le pire des salauds ou le pire des criminels je n’ai jamais été et ne serai jamais pour la peine de mort. Mais, après ce qui vient de se passer à Anchorage, Donald Trump ne devrait plus qu’avoir à se mettre dans un trou sans fond et disparaître.

Tout ce battage médiatique depuis une semaine avec les rodomontades habituelles du triste clown de la Maison-Blanche pour aboutir à rien : le despote du Kremlin ne bouge pas d’un iota ses prétentions impérialistes.

Malgré la faute supplémentaire d’avoir déroulé le tapis rouge à un criminel de guerre il est presque rassurant que cette pantalonnade n’ait débouché sur rien car on pouvait craindre un recul. Mais quand est-ce que les Américains vont se rendre compte que leur président est ridicule ? J’espère pour eux que ce sera bientôt. Quant à nous Européens il est plus que temps de cesser les demi-mesures et de mettre en œuvre tous les moyens pour que l’Ukraine qui défend nos valeurs démocratiques puisse faire reculer l’ogre russe.

Les règles changent ? Sachons nous adapter

Après la trahison de Trump devenu l’allié du criminel de guerre Poutine, il est fort à craindre que l’admirable Zelensky soit contraint de signer un très mauvais accord pour permettre à son pays de souffler un peu.

Au-delà du répit dans la souffrance, les Ukrainiens veulent évidemment avoir des garanties comme quoi Poutine ne va pas revenir à la charge dans quelques mois ou quelques années et les conditions actuellement mises sur la table par la Russie pour un cessez-le-feu montrent exactement le contraire. Mais il risque de ne pas y avoir le choix, alors combattons l’ennemi avec les mêmes armes que lui : la Russie s’étant assise sur les mémorandums de Budapest de 1994 qui garantissaient à l’Ukraine ses frontières, sans parler des accords de Minsk de 2015, nous n’aurons nul besoin de respecter ce qui sera signé dans de si mauvaises conditions.

Mais il faudra néanmoins à ce moment-là faire preuve d’une certaine habileté : pas d’adhésion à l’Otan d’accord, mais intégration la plus inclusive possible à l’Union européenne. Et l’unanimité de l’Union européenne étant trop facilement mise en défaut par de petits États à la solde de Poutine, création d’une nouvelle entité destinée à défendre collectivement ses membres, entité qui pourrait déjà dans un premier temps être composée par la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, voire les Républiques baltes et les pays scandinaves.

Tous les pays de l’Union européenne ne font pas partie de la zone euro, nul besoin que tous les pays de l’Union européenne fassent tous partie de la communauté de défense. Mais, à ce jour, c’est la seule voie pour garantir dans la durée l’intégrité et les valeurs de nos démocraties.

Lutter contre tous les impérialismes

Contre nombre d’entre nous, j’ai reçu un sacré coup de massue sur la tête quand j’ai appris la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Puis, les semaines passant, je me suis dit que peut-être ses propos comminatoires allaient impressionner Poutine et forcer celui-ci à accepter un cessez-le-feu permettant à l’Ukraine de respirer.

Las ! Ses derniers propos effarants laissent craindre le pire, et je frémis en pensant à la jubilation qu’a ressentie Poutine en les entendant : la logique qui conduit à déclarer le Canada comme le 51e État américain est exactement la même que celle qui a poussé la Russie à envahir l’Ukraine. Peut-on encore espérer que deux autocrates fonctionnant de la même façon ne vont pas s’entendre sur la répartition des territoires et des richesses de voisins aux institutions démocratiques ? Exactement la même situation qu’à Taiwan où, vu l’évolution des mœurs mondiales, la Chine n’hésitera plus à intervenir par la force.

Il ne manquera plus au tableau que Jean-Luc Mélenchon qui, de plus en plus replié sur lui-même, trouvera une bonne raison pour justifier l’annexion de la Belgique par la France… Démocrates, libéraux, libertaires, il n’y a plus que nous, en s’appuyant sur l’Europe, pour empêcher le monde de devenir un enfer.