Inquiétante dérive

La Ve République, avec la personnalité du général de Gaulle et les réformes institutionnelles qu’il a menées, a beaucoup fait pour la personnalisation de la vie politique française. Mais, au moins à gauche, restait l’idée qu’on se rassemblait pour défendre un projet collectif et que, ensuite, on décidait de la personne qui était la mieux placée à l’intérieur du groupe pour porter ces idées devant le reste de la population. Mais c’était toujours le projet collectif qui était mis en avant.

L’évolution, à l’américaine, des mœurs politiques a fait que c’était de plus en plus le porteur du projet que le projet-lui-même qui était sous le feu des projecteurs. Mais, quand il s’agissait de personnalités comme Michel Rocard ou Lionel Jospin, dont les importantes contributions au débat politique étaient largement connues, ce n’était pas trop gênant. Il en est de même à l’échelle locale, où par exemple l’action du maire François Balagéas est suffisamment connue des Eaubonnais pour qu’il n’y ait rien de choquant à ce qu’il mette son nom et sa photo en gros sur des affiches, et il en est évidemment de même pour nous à Soisy avec Luc Strehaiano.

Mais qu’une inconnue qui n’a jamais rien fait dans sa vie politique, qui n’a jamais rien produit ni mené aucune action comme Laura Bérot fasse le même type de campagne est proprement hallucinant. Juste un nom sur une photo sans aucun message de fond. Si encore figurait le logo d’un parti politique, on pourrait admettre que cette personne ne soit rien en elle-même parce qu’elle serait la représentante d’un parti dont les orientations sont connues. Mais là, rien, le néant complet.

Ces pratiques de communication tendent à ramener le débat politique à un jeu de téléréalité où on tape 1, 2 ou 3 selon le look du candidat. C’est une inquiétante dérive, et ce n’est pas pour arriver à un tel résultat que des générations et des générations de militants de gauche se sont battus.

 

 

Jeudi 13 mars, c’était le dernier conseil municipal de la mandature

A l’heure d’Internet, c’est un exercice auquel devrait s’astreindre chaque élu après la tenue d’un conseil municipal : dire quelques mots sur ce qui a été voté et sur la part qu’il a prise au débat. Avec le jeu des commentaires possibles, ce serait un vrai dialogue entre élus et citoyens, de nature à intéresser de nouveau chacun à la vie collective.

Ainsi, ce jeudi 13 mars, je suis intervenu pour dire que, après le report un peu hypocrite du vote du budget au mois de décembre, c’était complètement surréaliste de faire un débat d’orientations budgétaires à dix jours du renouvellement de l’équipe municipale ! Surtout, alors que cela devrait être un débat politique — dans le sens le plus noble du terme —, la conception qu’en a M. Strehaiano le conduit à ne faire qu’un exposé financier qui ennuie profondément tout le monde, même si personne n’ose le dire.

Il a ensuite été évoqué le projet d’aménagement d’une supérette dans le quartier des Noëls. Ardent défenseur du commerce de proximité, j’ai évidemment voté pour la demande de subvention proposée par le projet de délibération. En revanche, j’ai demandé qu’il y ait un vote séparé pour le projet qui avait été initialement joint, la création d’une signalétique commerciale. En effet, je trouvais le montant annoncé fort élevé — 73.500 € — et, s’agissant de publicité lumineuse, je suis un peu méfiant quant au résultat final aussi je me suis abstenu.

Les 16 autres questions étaient souvent très techniques ou ne faisaient guère débat. Toutefois, le groupe socialiste a trouvé le moyen de se distinguer en ne votant pas la motion demandant le retrait du transfert de la taxe sur l’électricité. C’était son droit mais ce qui est triste c’est que Laura Bérot n’a eu aucun argument sur le fond, elle voulait simplement défendre une disposition prise par le gouvernement et montrer au passage qu’elle était une « pro » en disant au maire que, en échange du retrait de sa motion, elle pouvait le faire inviter au Sénat pour qu’il défende son point de vue.

C’est lamentable et c’est justement à cause de ces pratiques entre professionnels de la politique que les habitants ne parviennent plus à s’intéresser au débat citoyen.

 

L’endormissement mortifère des mandats qui se succèdent

Même si nul n’en doutait, dans un tract distribué cette semaine Luc Strehaiano nous annonce qu’il sera candidat à sa succession pour un 4e mandat de maire. Le tract est sobre, bien écrit, et réussit le tour de force de ne rien dire de concret, et même de ne rien dire du tout. Rien que des phrases bien tournées destinées à bercer les électeurs.

Avec quand même quelques mensonges qui ne dérangent que ceux pour qui le mot « engagement » veut dire quelque chose, puisque par exemple l’engagement de construction de centre culturel du candidat Strehaiano de 1995 n’a été tenu ni au cours du 1er mandat, ni du 2e, ni du 3e…

Mais le plus grave ne serait presque pas là — ce qui est fait est fait et ce qui n’a pas été fait n’a pas été fait… Le plus grave est que M. Strehaiano nous propose de continuer comme avant alors que cela fait 20 ans que M. Strehaiano a 20 ans de retard sur les problèmes de notre temps, quand l’accélération de la marche du monde nécessiterait d’avoir 20 ans d’avance : et ceci aussi bien en matière financière où son incapacité à anticiper l’inévitable éclatement de la bulle des subprimes l’a conduit à souscrire en 2009 un emprunt toxique de 4 millions d’euros, qu’en matière écologique où Soisy est en queue de peloton parmi le groupe des communes franciliennes qui n’est pourtant pas lui-même à la pointe.

Ce n’est certes pas M. Strehaiano qui a créé le gouffre qui s’annonce devant nous. Mais, tout ce qu’il nous propose, c’est de nous tenir la main pour nous y emmener plus sûrement… Il est temps de changer de guide !

 

L’art (dangereux) d’élever le fait divers en problème politique

Les derniers propos relevés sur le site de la liste Soisy pour Tous, décrivant une «démocratie « about » de souffle » à Soisy, seraient risibles s’ils ne révélaient pas un inquiétant niveau d’analyse politique. Les petites guéguerres entre colleurs d’affiches de camps opposés ont toujours existé, et pour ma part cela fait longtemps que j’ai renoncé à m’y livrer : d’abord pour cesser de gâcher du papier et de l’énergie, et ensuite parce que ce n’est jamais ainsi que l’on fait connaître les idées que l’on défend.

Mais, quand on veut imposer son image sur les murs de la ville comme l’a fait le Parti socialiste ces dernières semaines, il faut accepter le risque d’être recouvert ou décollé, c’est la règle de ce jeu un peu stupide. Qualifier ces méthodes de « peu démocratiques », c’est faire rentrer la démocratie dans un champ d’appréciation où elle n’a rien à faire alors que les dangers qui guettent la démocratie — et il y en a aujourd’hui — ne sont assurément pas là.

Faire tant de bruit autour de choses aussi banales montre une déformation dans la perception des choses qui ne rassure pas sur les capacités des auteurs. Une manière de détourner le débat ? Parce que, en matière de pratiques démocratiques, ceux qui utilisent aujourd’hui le nom de « Soisy pour Tous » ne sont vraiment pas en situation de donner des leçons.

 

Oui, les Soiséennes et les Soiséens auront un réel choix pour les élections municipales !

L’offre qui se profile pour ces élections municipales n’étant guère satisfaisante, le groupe Europe Ecologie Les Verts de Soisy a décidé, avec de nombreux Soiséennes et Soiséens, de présenter une liste qui soit une réelle alternative — tant dans ses projets concrets que dans ses modes de fonctionnement — aux programmes des professionnels de la politique.

Quand les citoyennes et les citoyens décident de s’occuper eux-mêmes de leurs affaires, cela fait naître des projets comme :
— Valorisation des emprises de l’Avenue du Parisis qui aura été définitivement abandonnée tout en aménageant l’avenue Kellermann et ses abords afin de fluidifier la circulation.
— Conception des nouveaux projets urbains en fonction des piétons ; création d’un véritable réseau cyclable ; développement des transports collectifs en particulier le soir et aux heures creuses.
— Remplacement de la taxe ordures ménagères par une redevance incitative ; instauration d’une collecte séparative des déchets verts en vue de leur méthanisation.
— Introduction du « bio » dans la restauration municipale (scolaire et portage à domicile).
— Instauration d’un quotient familial équilibré.
— Création de comités de quartier, avec un collège « jeunes », dotés d’un budget ; création d’un conseil des associations.
— Développement de l’accès à la culture et facilitation de la mixité générationnelle et inter-quartiers.
— Retour à l’emploi de personnel municipal pour l’entretien du patrimoine municipal ; introduction de critères écologiques et sociaux dans la passation des marchés publics.
— Arrêt des investissements pour la vidéosurveillance, développement de la police de proximité.

Tous ces thèmes seront évidemment explicités et développés au cours de la campagne. La liste a été baptisée Soisy Alternative et Solidaire et, outre Europe Ecologie Les Verts, elle a d’ores et déjà reçu le soutien du Front de Gauche.

Le bon équilibre entre impôts locaux et prestations municipales

Même si elle n’a aucun droit moral sur l’appellation « Soisy pour Tous » et qu’elle cache son appartenance au Parti socialiste, sans doute Laura Bérot sera-t-elle classée à gauche par les observateurs en raison de son opposition à Luc Strehaiano.

Pourtant, si on essaye d’en juger de par sa déclaration de candidature, passé les habituelles phrases passe-partout sans contenu concret, on est quand même un peu surpris de trouver parmi ses propositions un leitmotiv que ne cesse de nous assener la droite depuis des années : la baisse des impôts.

Certes, comme je l’ai moi-même relevé avant que les socialistes s’en aperçoivent et quoi qu’en dise Luc Strehaiano, à Soisy les impôts locaux sont élevés et l’équilibre entre impôt foncier et taxe d’habitation n’est pas satisfaisant. Mais outre le fait qu’il est complètement irresponsable de promettre une baisse d’impôt alors qu’aucun conseiller municipal d’opposition ne peut connaître la réalité de la situation financière de la ville de Soisy, il est pour le moins choquant de coller ainsi aux revendications de la droite.

C’est oublier que l’impôt a pour fonction d’être redistributif et, plutôt que ce genre de promesse démagogique, il serait plus digne d’établir un véritable plan d’égalité des chances en permettant par exemple un réel accès démocratique à l’école de musique et aux activités culturelles en général.

 

 

 

Le Parti socialiste de Soisy en cinq questions

Peu avant Noël, le Parti socialiste a orné les panneaux de Soisy d’affiches avec un imposant personnage en costume rouge. Mais ce n’était pas le père Noël ! Bien sûr, personne ne s’y trompera, mais prenons garde à ce que ce ne soit pas le père Fouettard ! Car l’annonce de cette candidature amène à se poser quelques questions :

— Comment faire confiance à une candidate maire qui, dans sa biographie, n’ose même pas faire état de son appartenance au Parti socialiste ?
— Comment croire une candidate maire qui écrit que « un maire doit être rassembleur et capable de prendre en compte les arguments de ses opposants » alors que, dans le même temps, elle refuse obstinément de discuter avec ses partenaires de gauche ?
— Comment faire confiance à un groupe qui sait tellement qu’il n’a aucun droit moral sur le nom de « Soisy pour Tous » qu’il a dépensé plusieurs centaines d’euros pour en acquérir la propriété industrielle auprès de l’INPI ?
— Comment confier son destin à un Parti socialiste local qui est inerte pendant tout un mandat et qui, à l’approche des élections, se met à communiquer en récupérant le travail fait par d’autres ?
— Comment croire une candidate maire qui veut faire croire qu’elle s’oppose à l’avenue du Parisis en écrivant que celle-ci « couperait la ville en deux » quand sa colistière Anne Mokry déclare en conseil municipal, le 20 décembre 2012, que « cette avenue doit être un rayonnement » ?

Qui saura répondre à ces questions ?

 

 

Que va-t-il pousser sur le terrain Filloux ?

Malgré le vote négatif des élus de gauche tant les conditions de cette acquisition ne sont pas claires, le conseil municipal du 19 septembre a donc décidé d’acquérir les terrains de l’ex-entreprise Filloux situés à l’angle de l’avenue du Général-de-Gaulle et de l’avenue du Général-Leclerc.

Plus précisément, le vote du conseil municipal portait sur l’octroi d’une indemnité de    1,250 M€ à la société Paris Ouest Immobilier, ce qui porte le coût total de l’acquisition        à 5 millions d’euros. En effet, celle-ci avait contesté devant la justice la préemption exercée par le maire en 2009 et a gagné tous ses procès, le tribunal administratif estimant que « le projet de la ville n’avait aucune réalité », jugement confirmé en appel et en cassation.

Il est normal que le maire ait préempté des terrains situés dans un endroit stratégique, à l’entrée du centre-ville. Ce qui est inquiétant en revanche c’est que, pas plus que devant le tribunal, il n’a pu expliquer au conseil municipal ce qu’il projetait de faire sur ce terrain. Y aurait-il un rapport avec l’avenue du Parisis (BIP) qu’il prévoit de faire passer pas loin ?

 

 

Circonvolutions autour du rond-point Schweitzer

Etonnante délibération au conseil municipal de ce jeudi soir : on nous proposait                     « d’améliorer la sécurité des piétons et des usagers de la route » du carrefour giratoire Schweitzer « par l’aménagement et la mise aux normes des passages piétons périphériques mais aussi la diminution du couvert végétal en partie centrale », et ce pour la modique somme de 80.000 euros hors taxes.

Mais quel aménagement des passages piétons alors que ceux-ci sont déjà surbaissés pour faciliter le passage des fauteuils handicapés, alors que ce n’est pas le cas de tous à Soisy ? Ce rond-point est même un des rares endroits de Soisy où les cyclistes sont traités de façon convenable ! J’ai donc demandé au maire quels aménagements, concrètement, étaient prévus, et, à mon grand étonnement, celui-ci a été dans l’incapacité de me répondre, alors qu’habituellement il connaît tous les dossiers dans les moindres détails.

Qu’est-ce que cela cache ? Est-ce que l’on dépenserait 80.000 euros pour diminuer le couvert végétal en partie centrale parce que celui-ci gêne le champ de la caméra qui est installée à cet endroit ? Voilà qui alourdirait de façon significative les frais de fonctionnement de la vidéosurveillance… Le maire a répondu de façon négative à cette interrogation mais sans apporter d’élément convaincant.

Ne pouvant admettre un tel flou dans les dépenses engagées par la Ville, les élus de Soisy pour Tous ont voté contre cette délibération.

 

 

Le conseil municipal de jeunes ne s’intéresse pas aux crottes de chiens

Il y a plusieurs désirs qui ont été exprimés par les membres du conseil municipal de jeunes lors de son installation le 30 janvier dernier qui sont toujours au point mort : un espace aquatique extérieur à « La Vague », une radio locale, un concours d’orthographe, sans parler du skate park qui est une demande récurrente du CMJ depuis onze ans !

Mais cela n’empêche pas la municipalité d’essayer de lui en insuffler d’autres : prenant exemple sur ce qui a été fait à Fécamp, il a été tenté de les intéresser à la problématique posée par les déjections canines. Las ! sur les 28 membres titulaires et suppléants, seuls 9 étaient là lors de la présentation spécialement conçue pour eux et, à l’issue de cette réunion, seuls 4 d’entre eux se sont déclarés intéressés à entreprendre une action.

On peut les comprendre… Mais cet épisode dont on pourrait rire montre surtout à quel point la mise en place de ce conseil municipal de jeunes est uniquement un élément de communication : on écarte les projets qui dérangent ou qui sont trop coûteux, mais en revanche on veut orienter les jeunes vers les sujets que les adultes trouvent intéressants ou dont ils n’arrivent pas à s’occuper eux-mêmes. Le résultat c’est qu’on a un CMJ qui tourne à vide et une jeunesse de Soisy écartée du processus des décisions qui la concernent.

Et, au final, c’est encore l’ensemble de notre système de représentation démocratique qui en prend un coup.