A l’Élysée comme à Soisy, la gauche peut gagner !

Ce regain d’optimisme me vient après la déclaration d’Olivier Faure hier soir comme quoi il est candidat à l’élection présidentielle. Certes, je suis toujours écologiste et j’approuve la démarche et la décision de mon parti de présenter à l’élection cette excellente candidate qu’est Marine Tondelier. Mais, moins que jamais, l’heure n’est pas à la langue de bois, et il faut bien avouer que ses chances d’accéder au second tour sont assez limitées.

Aussi, le seul réel espoir de voir la gauche l’emporter se trouve vers la gauche sociale-démocrate et donc celui qui remportera la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique. Si Raphaël Glucksmann est pour l’instant le favori de cette primaire, je crois néanmoins que ses chances de l’emporter au second tour face à l’extrême droite sont assez limitées à cause de son rejet viscéral de LFI. Ce rejet peut se comprendre, mais il y a bon nombre de militants et d’électeurs qui ne lui pardonneront pas.

Il en va tout autrement d’Olivier Faure qui, en vieux militant expérimenté, sait œuvrer, dans les moments cruciaux, au rassemblement de la gauche, de toute la gauche. Il ne s’enflamme sans doute pas comme son compétiteur, mais il a la sagesse de celui qui connaît la force du collectif et la détermination de celui qui a milité dans les milieux populaires et les classes moyennes. Alors que Glucksmann, de part ses origines sociales et son parcours, se prend un peu trop pour l’homme providentiel. Fasse que les militants du PS ne s’y trompent pas !

Tout comme à Soisy où les errements du PS depuis vingt-cinq ans ont fait beaucoup de dégâts. Pourtant certains de ses militants voient juste. Et quand tous les citoyens de sensibilité de gauche trompés par le double discours d’Omar Bekare auront compris qu’ils sont dans une impasse, nous pourrons construire un Soisy socialiste et écologique.

Qui choisit le Premier ministre ?

Je suis étonné par tout ce qui se dit en ce moment autour du futur Premier ministre : Jordan Bardella pose ses conditions et Jean-Luc Mélenchon, après avoir fait profil bas, laisse réapparaître son naturel autoritaire. L’un comme l’autre semblent croire dur comme fer que c’est leur camp qui choisira. Vraiment ?

Car si effectivement en 1986, 1993 et 1997 François Mitterrand et Jacques Chirac avaient nommé Premier ministre le candidat proposé par la nouvelle majorité (Jacques Chirac, Edouard Balladur et Lionel Jospin), lors de la première cohabitation Mitterrand avait refusé que Jean Lecanuet devienne ministre et refusé d’attribuer le ministère de la Défense à François Léotard (ce qu’il a accepté sept ans plus tard).

Donc, la simple connaissance de l’histoire nous rappelle que c’est le président de la République qui nomme les ministres, y compris le premier d’entre eux : le soir du 16 mars 1986, Mitterrand a annoncé à la télé « j’appellerai, demain, un Premier ministre issu de cette majorité ». Qui peut croire qu’Emmanuel Macron se sentira obligé par le choix du RN, de LFI ou même du Nouveau Front populaire ? Que feront les troupes RN si Macron nomme par exemple Sébastien Chenu ? Ils voteront la censure ? Et s’il nomme Raphaël Glucksmann ou François Ruffin ? Comme en 1936 les communistes, LFI se réfugiera dans le soutien sans participation ?

Comment se fait-il que les divers analystes aient à ce point oublié que c’est le président de la République qui nomme le Premier ministre et n’explorent pas toutes les pistes que permet ce choix ?