Triangle de Gonesse : les écologistes s’invitent au conseil départemental

Au début de la séance ordinaire du conseil départemental de ce 16 octobre, plusieurs militants écologistes installés dans le public ont déployé une banderole réclamant que le BHNS devant relier les RER B et D ne passe pas à travers champs, ce qui aurait pour effet de réduire encore la surface des terres agricoles alors qu’un tracé alternatif a été proposé par les associations de défense de l’environnement. Une lettre ouverte a également été distribuée aux conseillers départementaux.

Le président du conseil départemental, Arnaud Bazin, a été très correct, et a permis à Bernard Loup, représentant le Collectif pour le Triangle de Gonesse, de s’exprimer. Sans oublier bien sûr le débat de fond sur l’urbanisation du Triangle de Gonesse, la première demande du collectif est que le conseil départemental ne passe pas en force et attende que soit jugé le recours qui a été déposé au tribunal administratif de Cergy pour commencer les travaux. Dans sa réponse, Arnaud Bazin n’a guère laissé d’espoir à ce sujet…

CG3

La base de la lutte contre Europacity s’élargit

Samedi 27 juin se tenait à Aulnay-sous-Bois un rassemblement pour signifier aux décideurs que la détermination des opposants au projet du centre commercial géant du groupe Immochan, Europacity, ne faiblissait pas.

Pourquoi à Aulnay-sous-Bois ? Parce que le maire de Gonesse, toujours dans son rôle d’agitateur de miroir aux alouettes, avait refusé au Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG) que la manifestation se déroule sur sa commune. Mais les élus de la plaine de France se rendent de plus en plus compte que ce projet démentiel va avoir des impacts négatifs sur les communes voisines, et même bien au-delà. C’est pourquoi le maire UMP d’Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, n’a pas hésité à mettre un terrain à la disposition des manifestants et à expliquer pourquoi il le faisait.

A noter aussi la présence à ce rassemblement de Claude Tibi, conseiller municipal UDI de Gonesse. Alors que ce devrait être toute la gauche qui s’élève contre ce symbole du capitalisme mondialisé, des élus de droite prennent conscience que ce genre de projet ne sert ni leur territoire ni ses habitants. Il est vrai que, depuis que le Parti socialiste est un parti libéral comme les autres, ces notions de droite et de gauche ne signifient plus grand-chose. La prise en considération — ou non — par les élus de la finitude de la planète devient plus importante.

Non à Europacity
Le terrain sur lequel s’est constitué cette frise humaine était visible depuis la commune de Gonesse…       (Photo PCP/Aulnay Environnement)

 

 

Il n’est pas toujours réjouissant de voir élu un candidat de gauche

Il est certain que les valeurs écologistes se retrouvent plus facilement dans celles de la gauche que dans celles de la droite. Encore faut-il que ceux qui devraient porter ces valeurs de gauche ne se soient pas laissé happer par les feux du capitalisme triomphant.

Et c’est hélas le cas du maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, qui se réjouit ce matin dans le Parisien que sa réélection va lui permettre de réaliser son projet pour les six ans qui viennent, « en particulier l’aménagement du Triangle de Gonesse ». Qu’un socialiste soit indifférent à la disparition d’excellentes terres agricoles dont nous allons avoir tant besoin dans les décennies à venir pourrait peut-être encore se comprendre. En revanche, comment est-il possible que celui-ci reste aveugle devant la bulle spéculative commerciale qui risque bien d’éclater avant la fin de son mandat ?

Tous les ans, la surface commerciale augmente de plus de 3 % alors que la consommation évolue à moins de 1 % *. Donc, fatalement, la rentabilité de ces centres commerciaux ne peut que diminuer. Comment se fait-il alors qu’il continue de se lancer tant de nouveaux projets ? Parce que les développeurs de ces centres commerciaux sont soit des filiales de grands groupes de la distribution soit des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC) qui bénéficient d’une exonération d’impôt sur les sociétés.

Ayant des actionnaires à plus de 90 % étrangers à rémunérer, celles-ci sont au cœur de la spéculation des marchés financiers et ne sont plus dans une logique commerciale mais financière en valorisant les murs à partir des loyers susceptibles de rentrer dans le futur, la valeur des murs servant ensuite à garantir de nouveaux appels de fonds pour la réalisation de nouvelles opérations… C’est-à-dire une fuite en avant infinie, du même type que celle des subprimes américains au début du siècle et qui a conduit à la crise financière internationale que l’on sait.

Il ne reste plus qu’à espérer que la bulle éclate avant que l’irréparable soit commis ou que Jean-Pierre Blazy entende enfin son opposition municipale et cesse de faire croire aux Gonessiens qu’Europacity pourrait créer des emplois alors qu’il y en aura au moins autant qui seront détruits dans les environs.

(*) Source Assemblée des communautés de France.

Les terres du triangle de Gonesse doivent rester agricoles

C’est sur des terres légèrement enneigées que se sont retrouvées samedi matin une centaine de personnes répondant à l’appel du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG). Ce collectif appelait à un rassemblement pour faire contrepoids à l’agitation du député-maire de Gonesse qui, avec les maires PS et UMP du Grand Roissy, refuse les préconisations du rapport Auzannet et demande à avoir une gare en pleins champs avant 2025 afin de répondre à l’exigence du groupe Auchan pour la réalisation du centre commercial Europacity.

Mettre un centre commercial de luxe sur ces terres agricoles qui sont parmi les meilleures d’Europe ?

Après un rappel historique de Bernard Loup, de nombreux responsables d’associations ont pris la parole pour dénoncer l’absurdité du projet. Puis sont intervenus des élus dont Mounir Satouri, président du groupe Europe Ecologie Les Verts au conseil régional, qui a assuré le collectif du soutien des élus de son groupe, ainsi que Yves Contassot, conseiller de Paris, qui a insisté sur la nécessité de garder des espaces naturels à proximité de la capitale. Le groupe Front de gauche et Alternatifs avait également apporté son soutien à la manifestation.

Outre la dénonciation du mensonge voulant faire croire qu’un centre commercial supplémentaire créerait des emplois, le succès de ce rassemblement a montré que la nécessité de préserver des espaces de production agricole près des lieux de consommation apparaissait de plus en plus clairement à tous ceux dont l’action est guidée par l’intérêt général.