Le maire de Gonesse vire vers l’extrême-droite

La marche de Gonesse à Matignon pour la sauvegarde des terres agricoles de Gonesse devait partir ce matin du chemin de la Justice à 9 h 30 et elle est partie à l’heure dite, ce qui est vraiment exceptionnel pour une manif. Gentiment encadré par les forces de l’ordre devant et derrière, le cortège s’est arrêté devant la mairie de Gonesse où le maire, Jean-Pierre Blazy, avait mobilisé quelques dizaines d’élus et d’employés municipaux pour réaffirmer leur soutien au projet climaticide d’Europacity. Avec des pancartes affirmant que « 81 % des Gonessiens soutiennent le projet Europacity » alors qu’on a encore eu la preuve du contraire ce matin.

Mais, surtout, pendant que se déroulaient les prises de paroles de membres du CPTG, de « Nous Gonessiens », de la CGT95, de syndicats de commerçants et d’élus comme Clémentine Autain, les obligés du maire se sont mis à scander des slogans comme « Rentrez chez vous », un des slogans préférés de l’extrême-droite… Comme si les terres agricoles, l’air qu’on respire n’appartenaient qu’à ceux qui sont dans les étroites limites artificielles d’une commune et qui auraient le droit d’empoisonner toute la région.

Heureusement, la manif a pu tranquillement continuer son chemin vers La Courneuve, sous les applaudissements des rares commerçants de Gonesse qui arrivent encore à survivre en centre-ville.

Les scandaleuses pratiques du conseil départemental

Vendredi 27 septembre, la présidente du conseil départemental, Marie-Christine Cavecchi, a distribué et lu en toute fin de séance un projet de motion pour soutenir Europacity, motion dont les conseillers n’avaient pu avoir connaissance auparavant comme c’est l’usage. Outre le fait que cette motion est un condensé de bêtise et de mauvaise foi avec de plus l’évocation honteuse des émeutes de Villiers-le-Bel pour justifier un projet dont les habitants ne bénéficieront en rien, la présidente a eu le culot de diffuser officiellement un texte où il est dit que sa motion a été votée à l’unanimité, alors qu’il y a eu 2 votes contre (Sylvie Couchot et Nessrine Menhaouara) et 1 abstention (Cédric Sabouret).

Il est vrai que ce projet est tellement absurde qu’il a maintenant besoin de pratiques frauduleuses pour être défendu. Mais les auteurs de telles pratiques ne sont plus dignes d’être des représentants du peuple.

A Gonesse, les militants toujours présents sur la zone à défendre

Ce matin 25 juillet, journée où la France bat des records de chaleur, des citoyens se sont mobilisés pour la troisième fois afin de stopper les travaux qui ont débuté sur le Triangle de Gonesse et préserver ces hectares de fraîcheur.

Il s’agit de travaux préparatoires pour l’adduction d’eau de la future gare qu’espère le groupe Auchan pour desservir son monstre Europacity. Ils ont pu commencer à cause d’un arrêté pris par le préfet du Val-d’oise, préfet qui ne doit pas bien connaître la loi puisque les terrains prévus pour cette gare sont toujours à cette heure classés zone naturelle en vertu du jugement du tribunal administratif annulant le PLU décidé par le maire de Gonesse Jean-Pierre Blazy.

C’est sans doute pour cette raison que, pas très à l’aise dans ses baskets, le préfet fait tout pour qu’il n’y ait pas d’incidents entre les citoyens bloquant les travaux illégaux, les ouvriers du chantier et la police nationale. Les 2 et 5 juillet la police avait évacué en douceur les manifestants par principe pacifiques et non-violents, ce matin, elle s’est même contentée de faire un barrage symbolique pour empêcher les militants présents chemin de la Justice de rejoindre ceux qui bloquaient les engins de chantier.

Plus que jamais, le réchauffement climatique nous dit que les terres agricoles du Triangle de Gonesse sont une zone à défendre !

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Salle archicomble au meeting contre Europacity

Ils étaient assis sur les marches, ils étaient assis par terre, ils sont restés debout, ils sont restés dans le hall pour pouvoir écouter malgré tout. Alors que les organisateurs n’étaient pas sûrs de remplir les 700 places de la salle Olympe de Gouges dans le 11e arrondissement, c’est finalement presque le double de personnes qui se sont déplacées ce 20 février pour manifester leur opposition au projet mégalomaniaque et destructeur Europacity.

Du côté de la scène ça se passait bien aussi avec de nombreux intervenants de qualité venus rappeler l’aberration de ce projet et présenter le projet alternatif Carma : politiques, associatifs, scientifiques, journalistes, juristes, jardiniers… Et avec la bonne idée d’inviter la merveilleuse Emily Loizeau pour faire une coupure entre les deux salves d’interventions.

Bravo à tous les militants du CPTG d’avoir su donner de l’ampleur à cette lutte qui maintenant ne peut plus qu’être victorieuse !

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Tragique choc des cultures à Gonesse

C’est au terme d’une séance plus que houleuse que le conseil municipal de Gonesse a, comme c’était prévisible, adopté la modification de son plan d’occupation des sols (PLU) permettant l’implantation d’Europacity. Le maire avait invité les habitants de sa ville à venir au conseil pour marquer leur approbation, et comme les opposants avaient également prévu de faire le déplacement, c’est dans une salle pleine à craquer où la température montait d’heure en heure qu’a commencé l’interminable intervention du rapporteur chargé de proposer l’approbation de la révision du PLU. Intervention qui a surtout consisté en une attaque fort peu honnête des conclusions du commissaire chargé de l’enquête publique qui avait émis un avis défavorable dument étayé.

Suivirent les interventions des élus, presque toutes favorables à Europacity, et sans doute pour la plupart croyant sincèrement au bien-fondé de ce monstrueux projet. Et si je n’étais pas gêné, lors du débat public, pour dénoncer la nocivité tant écologique que sociale de cette potentielle source de profits défiscalisés pour Gérard Mulliez, je ne peux être insensible aux arguments des Gonessiens qui se sentent abandonnés par la République, qui croient que ce centre commercial de luxe va leur apporter quelque chose, et qui fustigent les bobos parisiens qui viennent leur faire la leçon depuis leurs beaux quartiers.

Ces bobos parisiens n’existent pas vraiment, la plupart habitent le Val-d’Oise ou la Seine-Saint-Denis, mais il est vrai qu’en général ils sont issus de classes sociales un peu moins défavorisées que la majeure partie des habitants de Gonesse. Mais, historiquement, ce ne sont pas des femmes et des hommes issus des classes populaires qui ont ouvert le chemin de la lutte pour la défense des classes laborieuses — Marx, Proudhon, Jaurès, Blum et bien d’autres étaient tous issus de la bourgeoisie — et là nous nous trouvons dans le même cas de figure : ceux qui doivent se battre au quotidien pour trouver un boulot et survivre ne peuvent évidemment pas consacrer du temps à défendre l’intérêt général, et ce n’est que parmi ceux qui sont relativement dégagés de ces contingences immédiates que l’on peut trouver des femmes et des hommes qui essayent de penser l’avenir à l’échelle des générations futures.

Et, même sur le court terme, il est tragique de constater que des jeunes de chez nous croient que ce complexe pour touristes internationaux leur apportera quelque chose, alors que ni les commerces ni la « culture » proposée ne seront pour eux, à peine quelques emplois qui ne compenseront pas ceux qui seront perdus ailleurs. Hélas hélas, ce n’est pas la tenue du conseil municipal de Gonesse d’hier soir qui contribuera à ce que les différentes parties puissent commencer à se comprendre. Et, au final, c’est encore la planète et les plus défavorisés qui sont perdants.

A propos du second tour dans la 6e circonscription

Je suis évidemment complètement d’accord avec le communiqué d’EELV95 que j’ai contribué à rédiger comme quoi, dans les 7 circonscriptions du Val-d’Oise où se trouvent opposés au second tour un candidat d’En Marche et un candidat des Républicains, nous n’avions aucune raison de préférer l’un à l’autre.

Toutefois, dans la 6e circonscription qui est la mienne, je ne peux renvoyer dos à dos les deux candidats. Cela fait plus de vingt ans que je suis dans l’opposition au conseil municipal de Soisy, et les sujets sur lesquels j’ai combattu la politique menée par Luc Strehaiano restent d’actualité. Toutefois, cela m’a permis aussi de constater que c’était un homme de conviction qui avait une vision de l’avenir de sa ville, même si ces convictions et cette vision étaient très différentes des miennes.

Je ne pourrais en dire autant de la candidate d’En Marche et de son suppléant, qui à mes yeux représentent tout ce qu’il y a de pire en matière d’opportunisme politique. Après avoir plusieurs fois changé de courant dans les eaux troubles de la droite et du centre, Nathalie Elimas a soutenu ardemment François Fillon à la présidentielle jusqu’à ce que les sondages l’annoncent battu… Puis, alors qu’elle avait largement montré son mépris pour Emmanuel Macron, elle est arrivée à se faufiler pour obtenir l’investiture d’En Marche parce que c’est l’étiquette qui va gagner.

Dans ces circonstances, il serait donc beaucoup plus juste et moral que ce soit Luc Strehaiano qui gagne dimanche.

 

A propos de la nouvelle collecte des déchets ménagers par le syndicat Emeraude

Dans un communiqué de presse, le maire d’Ermont se plaint de la nouvelle organisation de la collecte des déchets ménagers par le syndicat Emeraude. S’il n’a pas tort quand il évoque une certaine pagaille due aux changements de jours et d’horaires — mais il faut laisser un petit temps d’adaptation aux habitants de la Vallée de Montmorency —, il est stupéfiant de lire sous la plume d’un élu qui se targue d’écologie la demande de « revenir à ce qui existait », c’est-à-dire principalement revenir à deux collectes par semaine pour la poubelle grise, celle des ordures résiduelles.

En effet, avec (enfin!) la collecte des végétaux organisée maintenant et l’attention de plus en grande des citoyens apportée au tri de leurs déchets, la collecte de la poubelle grise une fois par semaine est largement suffisante. Multiplier les collectes serait inciter les habitants au laisser-aller.

Le seul reproche que l’on pourrait faire au syndicat Emeraude c’est dans la présentation de son calendrier des différentes collectes : il est indiqué les jours de collecte alors que, du fait que certaines sont le matin et d’autres le soir, il aurait dû être conçu en fonction du jour où les habitants doivent sortir leurs poubelles.

Le « vivre ensemble » ne progresse pas avec l’annonce de mesures gadgets

Le bureau national d’Europe Ecologie Les Verts a publié un communiqué concernant les événements qui viennent de se dérouler à Beaumont-sur-Oise suite au tragique décès d’Adama Traoré survenu le 19 juillet. Je suis évidemment complètement d’accord avec ce communiqué à une petite, mais importante, exception près.

Jamais nous n’avons mis dans nos propositions l’instauration du récépissé du contrôle d’identité quand j’étais coresponsable du groupe de travail « sécurité publique » de la commission justice des Verts de 2008 à 2011. Ce n’est que plus tard, alors que le groupe de travail s’était de fait dissous, que certains candidats EELV se sont laissés influencer par diverses associations mais sans mener une réflexion globale sur le sujet et ont cru bon d’ajouter cette mesure à nos propositions.

Mais la mise en place d’un tel dispositif n’aurait que pour effet de rajouter de l’huile sur le feu et de gêner les policiers dans leur travail. Alors que, pour mettre fin au harcèlement dont certains jeunes peuvent, à bon droit, se sentir victimes, les solutions passent évidemment par le renforcement des polices de proximité au détriment des forces d’intervention et par la valorisation des bons comportements par la hiérarchie, ce qui est loin actuellement d’être le cas. Tout cela suppose un travail de fond dans la durée, certes plus difficile que le recours à des gadgets, mais combien plus efficace !

Les limites du débat public sur Europacity

La loi de 1995 instituant la Commission nationale du débat public (CNDP) a été incontestablement un progrès démocratique puisqu’elle a permis que les grands projets d’aménagement ne se négocient plus discrètement entre élus déconnectés et promoteurs intéressés mais soient débattus au grand jour. De plus, la loi de 2002 relative à la démocratie de proximité garantissant l’indépendance de la Commission est appliquée et il n’y a pas lieu de mettre en cause la neutralité des membres qui animent, du 15 mars au 30 juin, le débat public sur le projet Europacity porté par le groupe Auchan.

Toutefois, on ne peut pas dire que tous les participants soient à égalité dans ce débat : si, effectivement, n’importe quel citoyen lambda peut s’exprimer lors des réunions publiques et lors des ateliers thématiques, tout le monde ne bénéficie pas des mêmes conditions. Exemple avec l’atelier sur « l’offre culturelle et de loisirs et l’attractivité touristique » qui s’est tenu le 11 mai à Villiers-le-Bel : il y a les « experts » qui sont face à la salle, qui utilisent l’écran pour passer leurs diapositives et qui disposent jusqu’à 20 minutes, et il y a le public dans la la salle qui a droit à 1 minute pour poser une question ou 3 minutes pour faire une intervention.

Cette inégalité entre « experts » et public ne serait pas gênante si la parole des experts était réellement neutre. Or, si l’on peut considérer que c’était le cas de l’intervention du directeur de l’Observatoire des politiques culturelles, ce ne fut plus vrai pour les suivants. Après la présentation, logiquement sous son meilleur jour, par le maître d’ouvrage de son projet, les interventions du représentant de la Réunion des musées nationaux et de celle d’Universciences — qui ont noué des « partenariats » avec le maître d’ouvrage mais ne seront pas forcément opérateurs — visaient à montrer tout l’intérêt du projet. Encore plus avec les interventions d’un membre du conseil scientifique de l’Atelier international du Grand Paris et d’un de ses partenaires qui avançaient des données et des chiffres complètement invérifiables pour arriver à la conclusion que le projet d’Immochan était vraiment une bonne chose pour le  tourisme.

La vraie égalité de traitement, ce serait que les opposants à Europacity puissent disposer des mêmes conditions d’exposé de leurs arguments avec appel à des experts et projection de documents audiovisuels. Tout en sachant que, si cela pourrait avoir un effet sur les citoyens venus de bonne foi s’informer, cela n’aurait guère d’influence sur le maître d’ouvrage qui reste libre de sa décision…