Le « vivre ensemble » ne progresse pas avec l’annonce de mesures gadgets

Le bureau national d’Europe Ecologie Les Verts a publié un communiqué concernant les événements qui viennent de se dérouler à Beaumont-sur-Oise suite au tragique décès d’Adama Traoré survenu le 19 juillet. Je suis évidemment complètement d’accord avec ce communiqué à une petite, mais importante, exception près.

Jamais nous n’avons mis dans nos propositions l’instauration du récépissé du contrôle d’identité quand j’étais coresponsable du groupe de travail « sécurité publique » de la commission justice des Verts de 2008 à 2011. Ce n’est que plus tard, alors que le groupe de travail s’était de fait dissous, que certains candidats EELV se sont laissés influencer par diverses associations mais sans mener une réflexion globale sur le sujet et ont cru bon d’ajouter cette mesure à nos propositions.

Mais la mise en place d’un tel dispositif n’aurait que pour effet de rajouter de l’huile sur le feu et de gêner les policiers dans leur travail. Alors que, pour mettre fin au harcèlement dont certains jeunes peuvent, à bon droit, se sentir victimes, les solutions passent évidemment par le renforcement des polices de proximité au détriment des forces d’intervention et par la valorisation des bons comportements par la hiérarchie, ce qui est loin actuellement d’être le cas. Tout cela suppose un travail de fond dans la durée, certes plus difficile que le recours à des gadgets, mais combien plus efficace !

La sécurité publique au conseil municipal du 17 novembre

L’ordre du jour initial du conseil municipal du 17 novembre était bien mince, quasiment que des points techniques n’appelant pas vraiment débat. A la notable exception d’une modification du règlement intérieur du conseil municipal, où les socialistes de Soisy pour Tous se sont déchaînés pour arriver à réduire l’expression des autres groupes minoritaires dans la nouvelle formule de Soisy Infos.

C’est pourquoi, regrettant que des sujets aussi importants que la sécurité publique ne soient jamais débattus en conseil municipal, j’ai utilisé l’actualité pour poser une question diverse au maire : je lui ai demandé ce qu’il pensait de l’armement des polices municipales parce que c’est une éventualité qui revient de plus en plus souvent dans les débats, et quelle était sa position sur le phénomène des « Voisins vigilants » dont il semblerait que quatre communautés se soient créées à Soisy.

Une fois n’est pas coutume, je dois avouer que j’ai été plutôt rassuré : Luc Strehaiano a déclaré entre autres que, depuis la création de la police municipale il y a une quinzaine d’années, il avait étudié tous les rapports des incidents qu’avait eus à traiter la police municipale et qu’il n’y en avait eu aucun où son armement éventuel aurait arrangé les choses, et de même avec tout ce qu’il a eu à connaître en temps que président de la Cavam puis de Plaine Vallée. Tout en nous informant que cette position n’était pas forcément partagée par tous les maires de la communauté d’agglomération, entre autres Montmagny et Saint-Brice, et que ces différences étaient un réel problème.

De même concernant les « Voisins vigilants » : à sa demande il a reçu une de ses représentantes, mais il a décliné son offre d’acheter le kit proposé par cette société. Car, comme il l’a fait remarquer, il s’agit là d’une société — donc à but lucratif — et non d’une association, et il pense que c’est le devoir de chaque citoyen responsable de signaler tout événement anormal à la police nationale ou à la police municipale, ce avec quoi je suis bien d’accord.

 

La Cavam avoue l’échec de la vidéosurveillance

Comme le rapporte le Parisien de ce matin, la communauté d’agglomération vient d’acter l’extension de son réseau de vidéodurveillance. « Acter » et non pas « décider » parce qu’en fait les élus du conseil communautaire n’ont fait que demander une participation financière à la ville de Soisy, en réponse au souhait qu’elle a exprimé d’installation de trois caméras supplémentaires sur son territoire.

Sauf que la ville de Soisy n’a jamais exprimé un tel souhait ! En tout cas, le conseil municipal de Soisy n’a jamais eu à se prononcer sur ce sujet. En fait il s’agit là juste d’un souhait que le maire a émis dans son for intérieur, ne doutant pas que sa majorité le lui accorderait à l’occasion d’un prochain conseil municipal. Cela ne fait guère de doute, mais il s’agit là encore d’un dévoiement des procédures démocratiques qui est facilité par le cumul des mandats (maire, président de la communauté d’agglomération, vice-président du conseil général) et qui empêche tout débat de fond.

Alors que justement, sur le fond, ce besoin d’ajouter encore des caméras supplémentaires montre bien l’échec du principe même du système : de 96 caméras installées en 2006 lors de la mise en place de la vidéosurveillance, on va donc passer maintenant à 114 ! Si cette    « protection » avait vraiment été aussi efficace que nous l’assuraient ses promoteurs de l’époque, y aurait-il besoin d’ajouter sans cesse de nouvelles caméras ? Mettre une nouvelle caméra avenue de Normandie n’empêchera aucune agression avenue d’Alsace, avenue de Bourgogne ou avenue de Touraine, ces rues qui lui sont parallèles, alors que, si agression il y a, c’est bien entendu là qu’elle va se dérouler. Y rajoutera-t-on des caméras l’année prochaine ?

De plus, plus on installe de caméras, moins leurs images seront diffusées sur les 30 écrans du centre de surveillance urbain où un ou deux agents s’abîment les yeux. La montée en puissance de cette inutile usine à gaz fait qu’apparaît de plus en plus clairement son absurdité !

 

 

Oui aux polices municipales, non à leur armement !

On apprend ce matin que le conseil municipal d’Argenteuil a voté une délibération pour demander que sa police municipale soit armée de flash-balls. Il est particulièrement consternant que ce soit une municipalité de gauche qui fasse une telle demande. De plus, la déclaration de Philippe Doucet comme quoi « il n’y a jamais eu d’incidents impliquant des policiers municipaux dans l’exercice de leur fonction avec des flash-balls » est révoltante dans son cynisme : peu importait au lycéen qui a perdu un oeil il y a deux ans à Montreuil que le flash-ball ait été tiré par un policier national ou municipal !

Mais en augmentant le nombre de porteurs de ces armes (tout comme les tasers) on augmente les risques de dérapage et on augmente le climat de violence. S’il y a bien un point sur lequel nous sommes tous d’accord à Europe Ecologie les Verts c’est que, lorsqu’il y a des polices municipales, celles-ci doivent avoir des missions différentes de la police nationale et assurer une police de proximité. Et pour être efficace une police de proximité  doit être à l’image de la population dans laquelle elle évolue, aussi bien dans sa composition que dans son équipement, ce qui n’est évidemment pas le cas quand elle a à sa disposition des armes aussi dangereuses.

A l’heure où Barack Obama essaye de limiter la prolifération des armes aux Etats-Unis, j’espère vivement que la France ne suivra pas le chemin inverse et que le préfet répondra négativement à cette demande.

 

Bas les armes !

Lors de son congrès qui s’est tenu hier à Gonesse, le Syndicat de défense de la police municipale (SDPM) a émis des positions en faveur de l’armement des policiers municipaux. Inutile de dire à quel point je suis catastrophé par une telle annonce puisque, parmi les raisons, il est invoqué le fait que la délinquance est en hausse, « notamment les cambriolages ». Si nos policiers municipaux pensent que les armes sont un moyen de lutter contre les cambriolages, cela nourrit de fortes inquiétudes sur la façon dont ils conçoivent leur mission…

Bien sûr, il convient de différencier les différents types d’armes : les armes de 6e catégorie, comme les bombes lacrymogènes, ne posent guère de souci. En revanche, on passe dans une tout autre dimension avec la 4e catégorie qui comprend les armes de poing et que réclame la communauté d’agglomération Roissy Porte de France ou bien le maire de Saint-Brice, Alain Lorand, pour qui le crédit et la confiance reposent sur l’armement ! (1)

Pourtant on voit bien, aux Etats-Unis par exemple, où conduit cette escalade dans l’armement : une augmentation des morts violentes. Alors qu’il faut, tout au contraire, profiter de l’opportunité qui est donnée par l’existence des polices municipales pour mettre en place une autre façon de faire de la police, une police de proximité en osmose avec les habitants de leur quartier.

Et, tout comme une étude a montré qu’un policier en voiture ou à moto donne un sentiment d’insécurité alors qu’un policier à pied ou à vélo donne un sentiment de sécurité à la population dans laquelle il évolue, il ne faut surtout pas créer de la distance avec celle-ci en le transformant en Rambo !

(1) Source Le Parisien Val-d’Oise du 24 mai.

Des armes attribuées illégalement aux agents de surveillance

Le Parisien de ce matin révèle que le maire de Soisy s’est fait rappeler à l’ordre par le préfet, celui-ci lui indiquant que les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) n’ont pas à être munis de bombes lacrymogènes puisqu’il s’agit là d’armes de 6e catégorie. Or, cela faisait trois ans qu’ils en étaient équipés, en toute illégalité !

Luc Strehaiano a obtempéré aux injonctions du préfet, mais tout en indiquant qu’il pensait qu’il y avait une mauvaise interprétation des textes et qu’il avait demandé un rendez-vous au ministère de l’Intérieur pour se faire préciser l’état de la réglementation.

Je suis un peu surpris qu’un fin connaisseur de la réglementation comme Luc Strehaiano puisse ignorer la réponse qui a été faite par le ministre de l’Intérieur à une question écrite parlementaire, très précisément sur ce même sujet (Journal officiel du 10 avril 2012). En fonction du décret 2000-276 du 24 mars 2000  et d’une circulaire ministérielle du 15 février 2005, il est dit clairement que, contrairement aux agents de police municipale, les ASVP ne peuvent être armés, même d’arme de 6e catégorie, et qu’il n’est pas prévu de modification sur ce point.

Comme le montre l’exemple qu’il donne, Luc Strehaiano va sans doute tenter d’argumenter sur le fait que tout à chacun peut porter une arme de 6e catégorie s’il y a un motif « légitime », même si la jurisprudence des tribunaux est très restrictive à ce sujet. Derrière cette « légitimité » se pose la question de sa conception de l’organisation de la sécurité publique. Sachant que les ASVP ont pour consigne de ne pas verbaliser tous les véhicules mal stationnés aux alentours du marché pour ne pas pénaliser le commerce alors que normalement c’est leur rôle, on se demande finalement quelle est la mission que leur a attribuée le maire de Soisy. Et c’est encore un sujet de fond qui n’a jamais été discuté en conseil municipal ni dans aucune instance.

D’une façon plus générale, ce petit dérapage montre combien il est nécessaire de clarifier les rôles de chacun en matière de sécurité publique entre gendarmerie, police nationale, police municipale, gardes champêtres, agents de surveillance de la voie publique… Cela fait plusieurs années qu’Europe Ecologie Les Verts réclame une simplification globale et un meilleur encadrement des forces locales de sécurité.

 

La délinquance baisse, sauf en zone vidéosurveillée !

Les statistiques concernant la délinquance sont toujours à prendre avec une extrême prudence, tant la façon d’enregistrer les délits puis de les classifier peut conduire à des erreurs d’appréciation voire à des manipulations. Toutefois, les chiffres publiés hier par la préfecture du Val-d’Oise — pour lesquels on peut supposer que le traitement des données a été identique — permettent de tirer un certain nombre d’enseignements.

Sur les huit communes composant la Communauté d’agglomération de la vallée de Montmorency (Cavam), on constate quatre baisses du nombre de faits recensés en 2012 par rapport à 2011 : Saint-Gratien (— 11 %), Montmagny (— 10 %), Deuil (— 8 %) et Groslay (— 4 %) ; mais aussi quatre hausses : Andilly (+ 3 %), Soisy (+ 14 %), Montmorency (+ 15 %) et Margency (+ 18 %).

Alors que la Cavam « bénéficie » du système de vidéosurveillance le plus performant qui soit, avec une centaine de caméras pour 100.000 habitants et un centre de surveillance urbain basé à Montmorency où se relaient en permanence des télésurveillants, ces chiffres ont de quoi surprendre. Surtout si on les compare avec les évolutions sur le reste du Val-d’Oise qui est beaucoup moins ou voire pas du tout équipé en caméras : la moyenne sur la Cavam est légèrement positive, alors que sur l’ensemble du département on observe une baisse de 5 % !

Sans parler des 10 millions d’euros engloutis pour la mise en place du système, ne pourrait-on pas trouver avec les 700.000 euros que cela coûte chaque année des mesures plus efficaces pour assurer notre sécurité ?

 

 

 

Les voitures flambent sous l’œil des caméras

Deux voitures ont complètement brûlé ce lundi sur le parking SNCF du Champ-de-Course, selon une info du Parisien.fr, qui rapporte que l’origine criminelle de l’incendie ne fait aucun doute. Encore une info qu’on ne trouvera pas dans la presse municipale officielle, puisque pour elle tout va toujours bien à Soisy.

Information d’autant plus gênante que le parking est « protégé » par une caméra de vidéosurveillance et que cela n’a empêché en rien la commission du délit, démontrant une fois de plus combien le terme de « vidéoprotection » est une tromperie.