Une nouvelle communauté d’agglomération porteuse de tous les dangers

Suite à une loi imbécile (loi « Maptam » du 27 janvier 2014), la Communauté d’agglomération de la vallée de Montmorency (Cavam) à laquelle appartient Soisy va être obligée d’agrandir son territoire pour atteindre une population de 200.000 habitants, alors que nous sommes pour l’instant environ 125.000. Pour rendre cette contrainte la moins nocive possible, la logique aurait été de fusionner avec notre voisine Val-et-Forêt (comprenant entre autres Eaubonne et Ermont) puisque nous nous ressemblons et partageons déjà beaucoup de choses.

Le maire de Soisy — qui est également président de l’actuelle Cavam — a fait un tout autre choix, celui de la « complémentarité », en annexant des communes se trouvant de l’autre côté de la forêt de Montmorency (Bouffémont, Domont, Attainville…) ainsi que Montlignon et Saint-Prix. Etant donné qu’il est un fervent partisan du « développement économique » censé résoudre les problèmes d’emploi bien que ce soit de moins en moins vrai, il est à craindre qu’il ait des projets d’urbanisation sur les terres agricoles encore nombreuses dans ces communes au nord de la forêt. Les écologistes devront donc être vigilants, ce qui ne sera pas facile puisque nous n’aurons aucun représentant dans cette nouvelle structure politique à cause de la conception très particulière de la démocratie tant du PS que de l’UMP.

Cette nouvelle configuration a été adoptée par la majorité municipale de Soisy jeudi dernier, nul doute qu’elle sera adoptée par les autres communes dans les semaines qui viennent puis validée par le préfet, pour entrer en vigueur le 1er janvier 2016.

 

Faits et gestes au conseil municipal du 18 septembre

Comme il en a pris maintenant l’habitude, le PS a voulu se montrer très offensif lors du conseil municipal du 18 septembre. Mais il est surtout intervenu sur des questions de procédure, étant de fait plutôt absent sur les problèmes de fond. Il est vrai que les problèmes de fond sont rarement abordés au conseil municipal mais, à travers les sujets inscrits officiellement à l’ordre du jour, il y a quand même souvent moyen de les évoquer.

Comme par exemple sur le point qui consistait à approuver le cahier des charges pour la démolition des pavillons aux 8 et 10 avenue du Général-de-Gaulle et la construction d’un immeuble dans la continuité du n° 12. Si cette opération d’urbanisme relève du bon sens, il est cependant regrettable que la volonté municipale soit de faire encore un immeuble « de standing » et qu’il n’y ait aucune réflexion sur la mixité sociale. Pour ma part, je suis intervenu pour rappeler les contraintes énergétiques et demander que celles-ci soient rajoutées au cahier des charges imposées aux constructeurs. Le maire a accepté d’intégrer que le bâtiment devrait être « basse consommation » (BBC) mais a jugé que c’était trop compliqué de réaliser un bâtiment à énergie positive.

Autre sujet dont on parle peu mais qui va pourtant avoir un impact important sur les années à venir : le changement de périmètre de la communauté d’agglomération à laquelle doit appartenir Soisy. Il a fallu que je pose une question orale (à présenter par écrit au moins 48 heures à l’avance !) demandant au maire comment il pensait organiser ce débat pour que le sujet soit abordé. En réponse, celui-ci a annoncé qu’il convoquerait un conseil municipal extraordinaire le 13 octobre consacré à l’information et à la réflexion, avec un vote lors du conseil municipal du 6 novembre. Même si l’on peut craindre que les choses aient déjà été largement ficelées entre le préfet et les grands barons locaux, ce sera une opportunité pour que nos concitoyens s’intéressent à cette question qui les concerne au premier chef : « A quelle communauté de vie avez-vous le sentiment d’appartenir ? »

 

 

 

Inquiétante dérive

La Ve République, avec la personnalité du général de Gaulle et les réformes institutionnelles qu’il a menées, a beaucoup fait pour la personnalisation de la vie politique française. Mais, au moins à gauche, restait l’idée qu’on se rassemblait pour défendre un projet collectif et que, ensuite, on décidait de la personne qui était la mieux placée à l’intérieur du groupe pour porter ces idées devant le reste de la population. Mais c’était toujours le projet collectif qui était mis en avant.

L’évolution, à l’américaine, des mœurs politiques a fait que c’était de plus en plus le porteur du projet que le projet-lui-même qui était sous le feu des projecteurs. Mais, quand il s’agissait de personnalités comme Michel Rocard ou Lionel Jospin, dont les importantes contributions au débat politique étaient largement connues, ce n’était pas trop gênant. Il en est de même à l’échelle locale, où par exemple l’action du maire François Balagéas est suffisamment connue des Eaubonnais pour qu’il n’y ait rien de choquant à ce qu’il mette son nom et sa photo en gros sur des affiches, et il en est évidemment de même pour nous à Soisy avec Luc Strehaiano.

Mais qu’une inconnue qui n’a jamais rien fait dans sa vie politique, qui n’a jamais rien produit ni mené aucune action comme Laura Bérot fasse le même type de campagne est proprement hallucinant. Juste un nom sur une photo sans aucun message de fond. Si encore figurait le logo d’un parti politique, on pourrait admettre que cette personne ne soit rien en elle-même parce qu’elle serait la représentante d’un parti dont les orientations sont connues. Mais là, rien, le néant complet.

Ces pratiques de communication tendent à ramener le débat politique à un jeu de téléréalité où on tape 1, 2 ou 3 selon le look du candidat. C’est une inquiétante dérive, et ce n’est pas pour arriver à un tel résultat que des générations et des générations de militants de gauche se sont battus.

 

 

L’endormissement mortifère des mandats qui se succèdent

Même si nul n’en doutait, dans un tract distribué cette semaine Luc Strehaiano nous annonce qu’il sera candidat à sa succession pour un 4e mandat de maire. Le tract est sobre, bien écrit, et réussit le tour de force de ne rien dire de concret, et même de ne rien dire du tout. Rien que des phrases bien tournées destinées à bercer les électeurs.

Avec quand même quelques mensonges qui ne dérangent que ceux pour qui le mot « engagement » veut dire quelque chose, puisque par exemple l’engagement de construction de centre culturel du candidat Strehaiano de 1995 n’a été tenu ni au cours du 1er mandat, ni du 2e, ni du 3e…

Mais le plus grave ne serait presque pas là — ce qui est fait est fait et ce qui n’a pas été fait n’a pas été fait… Le plus grave est que M. Strehaiano nous propose de continuer comme avant alors que cela fait 20 ans que M. Strehaiano a 20 ans de retard sur les problèmes de notre temps, quand l’accélération de la marche du monde nécessiterait d’avoir 20 ans d’avance : et ceci aussi bien en matière financière où son incapacité à anticiper l’inévitable éclatement de la bulle des subprimes l’a conduit à souscrire en 2009 un emprunt toxique de 4 millions d’euros, qu’en matière écologique où Soisy est en queue de peloton parmi le groupe des communes franciliennes qui n’est pourtant pas lui-même à la pointe.

Ce n’est certes pas M. Strehaiano qui a créé le gouffre qui s’annonce devant nous. Mais, tout ce qu’il nous propose, c’est de nous tenir la main pour nous y emmener plus sûrement… Il est temps de changer de guide !

 

Impôts à Soisy : la théorie selon Luc Strehaiano, la pratique selon les habitants

Il y a une antienne que nous répète le maire de Soisy chaque année à l’occasion du vote des taux des impôts locaux, c’est que « à Soisy les taux sont parmi les plus bas des villes de même strate ». Or, le tableau publié hier par le Parisien concernant les impôts locaux des 34 villes du Val-d’Oise de plus 10.000 habitants apporte un tout autre éclairage.

Pour la taxe d’habitation — qui est celle qui est payée par tout le monde —, le taux est effectivement assez bas : 13,69 %. Encore que l’on trouve cinq villes dans le département où le taux est encore plus bas : Saint-Ouen-l’Aumône, Vauréal, Jouy-le-Moutier, Cergy et notre voisine Saint-Gratien.

Mais là où cela devient beaucoup plus intéressant, c’est lorsqu’on examine le montant moyen, en euros sonnants et trébuchants, payé par chaque foyer fiscal : 776 €. Et là c’est un des montants les plus élevés du département, seules Montmorency et L’Isle-Adam ramenant une somme plus élevée dans leurs caisses !

Comment cela peut-il se faire ? Cela tient évidemment à l’estimation de la valeur locative des biens qui est donc très élevée, malgré la proportion de 24 % d’habitat social. Qui est responsable de cette estimation, qui paraît disproportionnée ? Peut-être pas le maire, mais c’est quand même dans les caisses de la Ville que rentre tout cet argent qui sort du porte-monnaie des Soiséens.

Alors, il y a au moins une légende qui aura fait son temps : nous savons maintenant que Soisy est une ville où la taxe d’habitation est particulièrement élevée, pour en plus des prestations municipales minimales.

 

 

Que va-t-il pousser sur le terrain Filloux ?

Malgré le vote négatif des élus de gauche tant les conditions de cette acquisition ne sont pas claires, le conseil municipal du 19 septembre a donc décidé d’acquérir les terrains de l’ex-entreprise Filloux situés à l’angle de l’avenue du Général-de-Gaulle et de l’avenue du Général-Leclerc.

Plus précisément, le vote du conseil municipal portait sur l’octroi d’une indemnité de    1,250 M€ à la société Paris Ouest Immobilier, ce qui porte le coût total de l’acquisition        à 5 millions d’euros. En effet, celle-ci avait contesté devant la justice la préemption exercée par le maire en 2009 et a gagné tous ses procès, le tribunal administratif estimant que « le projet de la ville n’avait aucune réalité », jugement confirmé en appel et en cassation.

Il est normal que le maire ait préempté des terrains situés dans un endroit stratégique, à l’entrée du centre-ville. Ce qui est inquiétant en revanche c’est que, pas plus que devant le tribunal, il n’a pu expliquer au conseil municipal ce qu’il projetait de faire sur ce terrain. Y aurait-il un rapport avec l’avenue du Parisis (BIP) qu’il prévoit de faire passer pas loin ?

 

 

Circonvolutions autour du rond-point Schweitzer

Etonnante délibération au conseil municipal de ce jeudi soir : on nous proposait                     « d’améliorer la sécurité des piétons et des usagers de la route » du carrefour giratoire Schweitzer « par l’aménagement et la mise aux normes des passages piétons périphériques mais aussi la diminution du couvert végétal en partie centrale », et ce pour la modique somme de 80.000 euros hors taxes.

Mais quel aménagement des passages piétons alors que ceux-ci sont déjà surbaissés pour faciliter le passage des fauteuils handicapés, alors que ce n’est pas le cas de tous à Soisy ? Ce rond-point est même un des rares endroits de Soisy où les cyclistes sont traités de façon convenable ! J’ai donc demandé au maire quels aménagements, concrètement, étaient prévus, et, à mon grand étonnement, celui-ci a été dans l’incapacité de me répondre, alors qu’habituellement il connaît tous les dossiers dans les moindres détails.

Qu’est-ce que cela cache ? Est-ce que l’on dépenserait 80.000 euros pour diminuer le couvert végétal en partie centrale parce que celui-ci gêne le champ de la caméra qui est installée à cet endroit ? Voilà qui alourdirait de façon significative les frais de fonctionnement de la vidéosurveillance… Le maire a répondu de façon négative à cette interrogation mais sans apporter d’élément convaincant.

Ne pouvant admettre un tel flou dans les dépenses engagées par la Ville, les élus de Soisy pour Tous ont voté contre cette délibération.

 

 

La ville de Soisy se plie aux diktats du conseil général

Au conseil municipal de jeudi dernier, un projet de délibération était présenté de façon particulièrement malhonnête : il était demandé aux conseillers d’autoriser le maire à signer la convention tripartite avec le conseil général et le collège Descartes de mise à disposition du gymnase Descartes à partir du 3 septembre 2013, étant précisé que le taux horaire serait de 12,50 €.

Ce que le projet de délibération se gardait bien d’indiquer, c’est que, actuellement, le taux horaire facturé par la ville au conseil général pour la mise à disposition de nos locaux était de 18 euros ! C’est-à-dire que le département demandait ni plus ni moins une baisse de 30% de ce qu’il payait jusqu’ici à la ville ! Des tarifs de location qui augmentent tout le monde connaît ça, mais des tarifs de location qui baissent, toutes les personnes qui recherchent un logement aimeraient bien en trouver…

Le prétexte de cette baisse serait la situation critique des finances du département. Celui-ci trouve des centaines de millions pour financer son projet nocif d’Avenue du Parisis (BIP), mais a besoin de piquer quelques milliers d’euros à la ville de Soisy ! Encore plus choquant que le fait que le conseil général fasse une telle demande, est que les conseillers municipaux de la majorité aient accepté une telle demande sans sourciller. Par peur que le conseil général mette à exécution sa scandaleuse menace de supprimer les prestations sportives aux collégiens de Descartes ? Ou pour ne pas troubler les tours de passe-passe que permet le cumul des mandats de maire de Soisy et de numéro 2 du conseil général ?

 

Le comité d’éthique de la vidéosurveillance trompe son monde

La loi a prévu que les collectivités territoriales qui s’équipent d’un système de vidéosurveillance doivent se doter d’un comité d’éthique chargé de garantir que ce système de surveillance si particulier ne donne pas lieu à des transgressions concernant la vie privée des personnes et que toutes les règles sont bien appliquées.

Le comité d’éthique de la communauté d’agglomération a tenu sa réunion annuelle jeudi dernier. Pris par d’autres activités, je n’ai pu m’y rendre, mais je sais que je n’ai pas perdu grand-chose : d’après un collègue socialiste présent, cette réunion a été semblable aux précédentes, c’est-à-dire un one-man-show du maire qui présente une batterie de statistiques qui tendent toutes à démontrer combien ce système est efficace.

Evidemment, les statistiques présentées ne démontrent rien du tout pour ceux qui savent les mettre en perspective. Mais ceux-là sont peu nombreux puisque, en dehors des trois élus représentant les élus minoritaires de la Cavam et le représentant de Montmorency, quasiment tous les participants sont des obligés d’une façon ou d’une autre de Luc Strehaiano (élus majoritaires bien sûr, mais aussi représentants de diverses administrations ou diverses associations) n’ayant aucun goût à exercer le moindre esprit critique.

Et, surtout, ce n’est normalement pas l’objet du comité d’éthique. Mais tant que les membres du comité d’éthique n’auront pas un réel pouvoir d’investigation permettant par exemple de se rendre à n’importe quel moment au centre de surveillance urbain pour y exercer des contrôles, il faut que les citoyens sachent que le respect de la loi ne tient qu’à la bonne foi de ceux qui y travaillent…

Peu rassurant, trouvez-vous ? Je ne vous le fais pas dire.

 

A propos d’un débat qui, à juste titre, n’intéresse personne

Le Parisien de ce matin va un peu vite en besogne quand il dit que, à Soisy, « l’opposition demande des excuses au maire », puisque je ne fais pas partie de ceux qui ont fait cette demande. Il est vrai que l’expression de Luc Strehaiano à l’égard de Laura Bérot n’était pas très heureuse, mais celle-ci lui a répondu ensuite au même niveau et il aurait été préférable pour tout le monde que les choses en restent là.

Préférable en tout cas pour la qualité du débat démocratique, car il y a bien d’autres choses à discuter à Soisy qu’à monter en épingle un léger écart de langage, surtout sur un sujet qui risque de n’apparaître que comme des querelles internes aux yeux de nos concitoyens : le débat portait sur le nombre de représentants de chaque commune au conseil de la communauté d’agglomération après les élections municipales de mars 2014.

Actuellement chaque commune, quelle que soit sa taille, envoie 7 représentants au conseil de la Cavam. La loi prévoit que, dorénavant, la représentation sera en fonction  du nombre d’habitants de chaque commune, sauf accord particulier. Ce système conduisait à ce qu’Andilly et Margency n’aient plus qu’un seul représentant chacune, quand Deuil par exemple passait à 9 et que Soisy restait à 7, ce qui, on peut le comprendre, était un peu dur à avaler pour les « petites » communes. Car, s’il est normal de prendre en compte la démographie, il ne serait pas juste de rayer d’un trait de plume plusieurs siècles d’histoire des groupes constituant cette nouvelle entité.

Que Luc Strehaiano ait un peu forcé la dose sur les deux petites communes du canton dont il est par ailleurs conseiller général et qui sont quasiment assurées de rester à droite ne fait guère de doute. Trois représentants pour ces communes paraissait être le bon équilibre, mais de toutes façons il ne s’agit là que de mesures transitoires en attendant une simplification radicale de nos structures administratives et politiques. Alors finalement le plus triste c’est que, lorsque l’on fait de la mousse autour de tout ça, on ne parle pas de la politique sociale du maire qui est injuste, de sa politique sécuritaire qui est dispendieuse et inefficace, ou de sa perception des problématiques écologistes qui est inexistante…