Le boulevard d’Andilly refait à la mode du XXe siècle

Je ne m’étendrai pas aujourd’hui sur les tours de passe-passe qui consistent à financer des travaux pour Soisy en augmentant les impôts que devront payer les Soiséens par l’intermédiaire de structures où le maire de Soisy a un rôle déterminant tout en claironnant partout que la ville de Soisy n’augmente pas les impôts. Il s’agissait du conseil général hier pour la rue de Montmorency, il s’agit du syndicat intercommunal Siereig aujourd’hui pour le boulevard d’Andilly.

Non, le plus gênant dans la délibération qui a été votée hier soir au conseil municipal c’est bien que, une fois de plus, des travaux de requalification d’une voie de notre ville seront menés au mépris de la loi sur l’air du 30 décembre 1996 (loi Lepage) qui édicte, quand de tels travaux sont entrepris, de prendre en compte les circulations douces, en particulier de prévoir des pistes ou des bandes cyclables.

Rien de tel n’a été prévu, et donc le boulevard d’Andilly rejoindra la triste liste de toutes les voies que le maire a refaites au mépris de la loi depuis qu’il est en place : l’avenue Kellermann, l’avenue du Général-Leclerc, la rue Carnot, la rue Jean-Mermoz, la rue du Regard, sans parler de toutes les rues du Clos-Giffier. Les quelques mètres qui ont été réalisés à Soisy depuis 1995 (rue Bleury, rue du Docteur-Schweitzer) l’ont été par le département. C’est triste, en 2013, d’avoir un maire qui raisonne comme si on était encore au XXe siècle…

Pas de place pour des pistes cyclables, vraiment ?

 

Un 8 mai pas tout à fait ordinaire à Soisy

Les cérémonies marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale ont été ordinaires dans la mesure où, comme d’habitude, le maire a prononcé une allocution à tonalité plutôt nationaliste devant un parterre quelque peu clairsemé. Heureusement, le texte du ministre des Anciens Combattants qui a été lu ensuite, après le naturel hommage aux combattants, évoquait le traité de l’Elysée qui a marqué le début de l’amitié franco-allemande, traité d’autant plus admirable que c’est l’auteur de l’appel du 18 juin qui en avait pris l’initiative.

Comme d’habitude aussi, la fanfare municipale a tenu dignement sa place. Comme d’habitude encore, le maire, les officiers présents, le président de l’Association des anciens combattants, ont serré la main des porte-drapeaux. Et, de façon beaucoup plus étonnante, s’était joint à eux M. le curé de la paroisse Saint-Germain de Soisy. Un prêtre serrant la main aux porte-drapeaux ? On se demande bien à quel titre… Voilà encore un petit dérapage qui a de quoi inquiéter les défenseurs de la laïcité républicaine, mais aussi les pratiquants des autres religions, voire même la hiérarchie catholique.

Alors que cela fait partie des domaines où le premier magistrat de la commune devrait être exemplaire, de telles faiblesses sont dangereuses pour la cohésion sociale et il serait du devoir du maire d’y être beaucoup plus attentif.

 

Des armes attribuées illégalement aux agents de surveillance

Le Parisien de ce matin révèle que le maire de Soisy s’est fait rappeler à l’ordre par le préfet, celui-ci lui indiquant que les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) n’ont pas à être munis de bombes lacrymogènes puisqu’il s’agit là d’armes de 6e catégorie. Or, cela faisait trois ans qu’ils en étaient équipés, en toute illégalité !

Luc Strehaiano a obtempéré aux injonctions du préfet, mais tout en indiquant qu’il pensait qu’il y avait une mauvaise interprétation des textes et qu’il avait demandé un rendez-vous au ministère de l’Intérieur pour se faire préciser l’état de la réglementation.

Je suis un peu surpris qu’un fin connaisseur de la réglementation comme Luc Strehaiano puisse ignorer la réponse qui a été faite par le ministre de l’Intérieur à une question écrite parlementaire, très précisément sur ce même sujet (Journal officiel du 10 avril 2012). En fonction du décret 2000-276 du 24 mars 2000  et d’une circulaire ministérielle du 15 février 2005, il est dit clairement que, contrairement aux agents de police municipale, les ASVP ne peuvent être armés, même d’arme de 6e catégorie, et qu’il n’est pas prévu de modification sur ce point.

Comme le montre l’exemple qu’il donne, Luc Strehaiano va sans doute tenter d’argumenter sur le fait que tout à chacun peut porter une arme de 6e catégorie s’il y a un motif « légitime », même si la jurisprudence des tribunaux est très restrictive à ce sujet. Derrière cette « légitimité » se pose la question de sa conception de l’organisation de la sécurité publique. Sachant que les ASVP ont pour consigne de ne pas verbaliser tous les véhicules mal stationnés aux alentours du marché pour ne pas pénaliser le commerce alors que normalement c’est leur rôle, on se demande finalement quelle est la mission que leur a attribuée le maire de Soisy. Et c’est encore un sujet de fond qui n’a jamais été discuté en conseil municipal ni dans aucune instance.

D’une façon plus générale, ce petit dérapage montre combien il est nécessaire de clarifier les rôles de chacun en matière de sécurité publique entre gendarmerie, police nationale, police municipale, gardes champêtres, agents de surveillance de la voie publique… Cela fait plusieurs années qu’Europe Ecologie Les Verts réclame une simplification globale et un meilleur encadrement des forces locales de sécurité.

 

Ça roule (trop bien) pour la rue de Montmorency

Le Soisy Magazine qui vient d’être déposé dans nos boîtes à lettres nous apprend que « à la demande de Luc Strehaiano, maire, vice-président délégué du conseil général, le conseil général a programmé cette année la rénovation de la couche de roulement de la rue de Montmorency ».

Je ne m’étendrai pas sur le fait que le maire de Soisy fait une demande au conseil général dont il est le numéro 2, et que donc en quelque sorte il fait une demande à lui-même… Ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres des dysfonctionnements engendrés par le cumul des mandats, le plus gênant étant le choix lui-même et ses conséquences.

Le caractère bisauté du trottoir diminue encore la protection normalement offerte aux piétons

La rue de Montmorency est une des rues les plus dangereuses de Soisy pour les piétons qui osent s’y aventurer, entre autres du fait de l’étroitesse et de la configuration des trottoirs. Avec une couche de roulement refaite à neuf, les automobilistes auront tendance à rouler encore plus vite, puisque l’on se trouve sur une départementale et que nombreux sont ceux qui n’ont pas l’impression d’être en ville. A preuve que les priorités à droite dont bénéficient normalement les allées ne sont jamais respectées et que certains s’autorisent des dépassements potentiellement meurtriers alors qu’ils sont formellement interdits.

A partir du moment où le conseil général n’a pas l’argent pour faire les travaux permis par l’alignement et faire une voie sécurisée pour les circulations douces comme il l’a fait rue du Docteur-Schweitzer (il préfère le dépenser pour l’avenue du Parisis !), refaire juste la couche de roulement est donc une opération nocive. D’autant qu’il n’a même pas été prévu de mettre des passages piétons à chaque intersection, petit coup de peinture qui au moins soulignerait le caractère urbain de cette voie.

 

Des subventions régionales pour les aménagements cyclables

Pierre Serne, vice-président aux transports et à la mobilité de la région Ile-de-France, était hier soir à Mériel pour une réunion publique. S’il a bien sûr parlé des projets « lourds» comme la future gare d’interconnexion à Pleyel qui sera capitale pour notre département, il a aussi évoqué une multitude de mesures de nature à améliorer notre mobilité au quotidien.

Par exemple, la Région souhaite développer les circulations douces. Mais comme, en tant qu’institution, elle n’a pas de maîtrise de la voirie en direct, elle subventionne de 40 à 60 % les projets d’aménagements cyclables qui lui sont présentés par les collectivités locales, en particulier les communautés d’agglomération. Jusqu’à 60 %, c’est un taux de subvention exceptionnel ! Si Luc Strehaiano, maire de Soisy et président de la Cavam, pourtant habituellement très habile à décrocher les subventions, n’a rien fait en ce domaine, c’est donc bien parce qu’il préfère que continuent à se développer les moyens de transport les plus polluants.

Mais nous sommes au XXIe siècle et il faudra bien, tôt ou tard, nous adapter. 2014, avec les élections municipales et aux conseils communautaires, sera la bonne occasion de renouveler les élus afin de pouvoir mettre en place des politiques répondant aux problèmes de notre temps.

 

 

Le conseil municipal de Soisy, une instance où sont prises les décisions ?

Les rares Soiséens qui viennent assister aux séances du conseil municipal sont souvent frappés par le manque de débats lors de ces réunions : un conseiller municipal de la majorité lit un projet de délibération qui a été rédigé par les services administratifs, une fois sur 4 ou 5 il y a un conseiller municipal de la minorité qui pose une question ou fait une déclaration à laquelle répond le maire et puis c’est tout, ça s’arrête là.

Cette façon de faire n’est pas en soi un problème dans la mesure où la séance du conseil municipal est normalement la mise en forme et l’officialisation de débats antérieurs, où elle n’est que l’aboutissement d’un travail qui s’est fait préalablement dans les commissions municipales.

Là où cela devient beaucoup plus gênant c’est lorsque — comme cela se passe à Soisy —, les commissions elles-mêmes ne font qu’entériner des décisions qui ont été prises avant. Ainsi, dans le compte-rendu de la commission de la réussite éducative du 19 mars, on peut lire par exemple ceci : « Mme Bonneau rappelle que M. le Maire a décidé d’accorder une participation exceptionnelle de 80 euros par élève soiséen du collège Descartes participant au voyage en Bretagne et en Normandie. Cette aide financière sera votée lors de la séance du conseil municipal du 28 mars prochain ».

Cet état de soumission aux décisions du chef suprême est tellement intériorisé par chacun que ça ne choque plus personne d’écrire de telles énormités dans un compte-rendu de commission ! Il y a du chemin à faire pour revenir aux sources de la démocratie…

 

Europe Ecologie Les Verts défend les avancées du SDRIF

Le Schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF), qui a été élaboré et voté par la majorité de gauche du conseil régional, est soumis à enquête publique jusqu’à fin avril. Ce projet de schéma ayant été violemment attaqué par la droite et mollement défendu par l’opposition PS-PC lors de la séance du conseil général du Val-d’Oise du 18 janvier, le groupe Vallée de Montmorency d’Europe Ecologie Les Verts distribue un tract pour inviter les citoyens à se mobiliser pour défendre les avancées contenues dans le SDRIF.

Avenue du Parisis (BIP), nuisances aériennes, terres agricoles, plaine de Pierrelaye, logement, travail et place des associations sont les principaux sujets évoqués dans ce tract que l’on trouve également ici : cavamécologie sdrif.

Précision : contrairement à ce qui est écrit, Michel Montaldo n’est pas vice-président à l’environnement du conseil général, mais vice-président chargé du Grand Paris. La confusion vient du fait que c’est lui qui anime le Conseil val-d’oisien du développement durable, mélange des genres qui en dit long sur les conceptions du département en matière de développement durable…

 

Le maire de Soisy n’est pas d’accord avec le vice-président délégué du conseil général

Que deux élus ne soient pas d’accord sur un projet, c’est une chose courante et normale en démocratie. Là où ça commence à être un peu plus gênant c’est quand, grâce au cumul des mandats, ces deux élus ne sont en fait qu’une seule et même personne.

On connaissait déjà les variations de position de Luc Strehaiano ces vingt dernières années au sujet de l’Avenue du Parisis (BIP). Mais, après tout, les situations évoluant au cours du temps, on peut considérer qu’il est normal que les positions varient également, comme le maire de Soisy en a donné une explication à demi-convaincante lors du conseil municipal du 20 décembre 2012.

Mais là où cela devient beaucoup plus problématique, c’est quand la même personne tient un discours radicalement différent suivant la casquette qu’il a sur la tête : que faut-il croire quand Luc Strehaiano écrit au collectif Vivre sans BIP, le 9 novembre 2011 en tant que vice-président délégué du conseil général, « je peux vous assurer que le projet de l’Avenue du Parisis prend résolument en compte les impératifs de protection de l’environnement et de développement durable » alors qu’un an plus tard, sur le même projet, il fait voter par le conseil municipal de Soisy une délibération disant que « les contraintes posées par le projet représenteraient de réelles difficultés, tant en termes d’insertion que de dimensionnement que de cadre et qualité de vie » ?

Alors, finalement, ce projet de BIP, il est nocif pour l’environnement ou pas nocif pour l’environnement ? Quelle confiance garder en notre système de représentation démocratique devant de telles virevoltes ?

 

 

 

 

Qu’il est doux le ronronnement des réunions publiques…

Soisy-sous-Montmorency (Val-d’Oise), 17.670 habitants, est une ville extraordinaire ! Jugez-en plutôt : c’est la ville de la communauté d’agglomération où les impôts sont les plus bas et où ils n’augmentent jamais grâce à une gestion rigoureuse ; c’est la ville où l’éducation est une priorité avec un service jeunesse qui fait référence mais où on fait aussi beaucoup pour les vieux avec notamment le portage des repas à domicile ; c’est la ville qui mène une politique de développement économique novatrice à travers la Cavam tout en étant la ville la plus fleurie du Val-d’Oise et une des plus sûres au niveau de la sécurité… N’en jetez plus !

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est pourtant le discours auquel ont droit les quelques dizaines de Soiséens qui se rendent en ce moment à l’une des six réunions de quartier qu’organise le maire et où personne ne peut porter la contradiction ni même simplement rappeler la réalité des faits. Pourtant les choses à rectifier, évidemment, seraient nombreuses. Par exemple :

— Soisy une des villes les plus sûres du Val-d’Oise ? Mais les faits constatés ont augmenté de 14 % en 2012 par rapport à 2011 alors que dans le même temps ils baissaient de 5 % dans le Val-d’Oise !

— Gestion rigoureuse ? Mais le maire oublie la souscription pour 4 millions d’euros d’un emprunt toxique !

— Service jeunesse qui fait référence ? Mais moins de 17 % des jeunes Soiséens en ont bénéficié en 2012 !

— Poursuite de l’aménagement des pistes cyclables en 2013 ? Mais le maire n’en a pas fait un seul mètre en 18 ans, les quelques-unes qui existent l’ont été par le département !

C’est sans doute parce que les Soiséennes et Soiséens ne sont guère dupes de cet exercice d’autopromotion qu’ils ne sont que quelques dizaines à se déplacer pour assister au spectacle. Mais ce constat est inquiétant. Si on a vraiment foi en la démocratie locale, il faut trouver de nouvelles formes pour qu’elle puisse s’exprimer, la création de comités de quartier réellement représentatifs étant une des pistes possibles.

 

Ne pas tomber dans le piège du TCSP de l’Avenue du Parisis

Comme il l’avait annoncé en séance, le président du conseil général Arnaud Bazin est allé rencontrer Jean-Paul Huchon pour tenter de le persuader de revenir sur l’inscription de l’Avenue du Parisis (BIP) à seulement 2 × 1 voie dans le projet de Schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF). Cette rencontre s’est déroulée à la Région le 4 février et il était accompagné de son vice-président délégué Luc Strehaiano (UMP), du député-maire de Sarcelles François Pupponi (PS) et du président de la communauté d’agglomération Val-de-France Didier Vaillant (PS).

Bien évidemment, le président Huchon leur a fait remarquer que cette inscription à 2 × 1 voie + 1 voie TCSP (Transport en commun en site propre) était déjà une position de compromis est qu’il n’était guère possible de revenir dessus. Cela n’empêche pas Luc Strehaiano, dans les réunions de quartier qu’il fait en tant que maire de Soisy, de laisser croire que sa proposition de construire une 2 × 2 voies puis de retirer une voie à la circulation automobile lorsque que le TCSP serait mis en service, a été entendue.

Piège dans lequel il ne faut pas tomber car, bien sûr, qui pourrait croire que, après avoir mis en service 2 voies pour les automobilistes, on pourrait en retirer une pour la réserver au TCSP ? Surtout pour un TSCP vide qui passerait tous les trois quarts d’heure, puisque par exemple il a été comptabilisé que moins de 1.000 des 58.000 actifs de la Communauté d’agglomération de la vallée de Montmorency (Cavam) travaillaient sur le pôle d’emploi de Roissy et que donc ce n’est pas sur cet axe qu’il faut renforcer les transports collectifs.