Un 8 mai pas tout à fait ordinaire à Soisy

Les cérémonies marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale ont été ordinaires dans la mesure où, comme d’habitude, le maire a prononcé une allocution à tonalité plutôt nationaliste devant un parterre quelque peu clairsemé. Heureusement, le texte du ministre des Anciens Combattants qui a été lu ensuite, après le naturel hommage aux combattants, évoquait le traité de l’Elysée qui a marqué le début de l’amitié franco-allemande, traité d’autant plus admirable que c’est l’auteur de l’appel du 18 juin qui en avait pris l’initiative.

Comme d’habitude aussi, la fanfare municipale a tenu dignement sa place. Comme d’habitude encore, le maire, les officiers présents, le président de l’Association des anciens combattants, ont serré la main des porte-drapeaux. Et, de façon beaucoup plus étonnante, s’était joint à eux M. le curé de la paroisse Saint-Germain de Soisy. Un prêtre serrant la main aux porte-drapeaux ? On se demande bien à quel titre… Voilà encore un petit dérapage qui a de quoi inquiéter les défenseurs de la laïcité républicaine, mais aussi les pratiquants des autres religions, voire même la hiérarchie catholique.

Alors que cela fait partie des domaines où le premier magistrat de la commune devrait être exemplaire, de telles faiblesses sont dangereuses pour la cohésion sociale et il serait du devoir du maire d’y être beaucoup plus attentif.

 

Des armes attribuées illégalement aux agents de surveillance

Le Parisien de ce matin révèle que le maire de Soisy s’est fait rappeler à l’ordre par le préfet, celui-ci lui indiquant que les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) n’ont pas à être munis de bombes lacrymogènes puisqu’il s’agit là d’armes de 6e catégorie. Or, cela faisait trois ans qu’ils en étaient équipés, en toute illégalité !

Luc Strehaiano a obtempéré aux injonctions du préfet, mais tout en indiquant qu’il pensait qu’il y avait une mauvaise interprétation des textes et qu’il avait demandé un rendez-vous au ministère de l’Intérieur pour se faire préciser l’état de la réglementation.

Je suis un peu surpris qu’un fin connaisseur de la réglementation comme Luc Strehaiano puisse ignorer la réponse qui a été faite par le ministre de l’Intérieur à une question écrite parlementaire, très précisément sur ce même sujet (Journal officiel du 10 avril 2012). En fonction du décret 2000-276 du 24 mars 2000  et d’une circulaire ministérielle du 15 février 2005, il est dit clairement que, contrairement aux agents de police municipale, les ASVP ne peuvent être armés, même d’arme de 6e catégorie, et qu’il n’est pas prévu de modification sur ce point.

Comme le montre l’exemple qu’il donne, Luc Strehaiano va sans doute tenter d’argumenter sur le fait que tout à chacun peut porter une arme de 6e catégorie s’il y a un motif « légitime », même si la jurisprudence des tribunaux est très restrictive à ce sujet. Derrière cette « légitimité » se pose la question de sa conception de l’organisation de la sécurité publique. Sachant que les ASVP ont pour consigne de ne pas verbaliser tous les véhicules mal stationnés aux alentours du marché pour ne pas pénaliser le commerce alors que normalement c’est leur rôle, on se demande finalement quelle est la mission que leur a attribuée le maire de Soisy. Et c’est encore un sujet de fond qui n’a jamais été discuté en conseil municipal ni dans aucune instance.

D’une façon plus générale, ce petit dérapage montre combien il est nécessaire de clarifier les rôles de chacun en matière de sécurité publique entre gendarmerie, police nationale, police municipale, gardes champêtres, agents de surveillance de la voie publique… Cela fait plusieurs années qu’Europe Ecologie Les Verts réclame une simplification globale et un meilleur encadrement des forces locales de sécurité.

 

Le conseil municipal de Soisy, une instance où sont prises les décisions ?

Les rares Soiséens qui viennent assister aux séances du conseil municipal sont souvent frappés par le manque de débats lors de ces réunions : un conseiller municipal de la majorité lit un projet de délibération qui a été rédigé par les services administratifs, une fois sur 4 ou 5 il y a un conseiller municipal de la minorité qui pose une question ou fait une déclaration à laquelle répond le maire et puis c’est tout, ça s’arrête là.

Cette façon de faire n’est pas en soi un problème dans la mesure où la séance du conseil municipal est normalement la mise en forme et l’officialisation de débats antérieurs, où elle n’est que l’aboutissement d’un travail qui s’est fait préalablement dans les commissions municipales.

Là où cela devient beaucoup plus gênant c’est lorsque — comme cela se passe à Soisy —, les commissions elles-mêmes ne font qu’entériner des décisions qui ont été prises avant. Ainsi, dans le compte-rendu de la commission de la réussite éducative du 19 mars, on peut lire par exemple ceci : « Mme Bonneau rappelle que M. le Maire a décidé d’accorder une participation exceptionnelle de 80 euros par élève soiséen du collège Descartes participant au voyage en Bretagne et en Normandie. Cette aide financière sera votée lors de la séance du conseil municipal du 28 mars prochain ».

Cet état de soumission aux décisions du chef suprême est tellement intériorisé par chacun que ça ne choque plus personne d’écrire de telles énormités dans un compte-rendu de commission ! Il y a du chemin à faire pour revenir aux sources de la démocratie…

 

Retour à la case départ pour les rythmes scolaires

Ecole Emile-Roux

Pour continuer à honorer sa réputation de meilleur chasseur de subventions du département, le maire de Soisy avait, dans un premier temps, décidé de mettre en application la réforme des rythmes scolaires voulue par Vincent Peillon dès la rentrée 2013 afin de pouvoir toucher la prime incitative de 90 euros par élève promise par l’Etat.

Mais, si le bien-fondé de cette réforme est indiscutable tant le passage à la semaine des quatre jours lors du précédent quinquennat s’est révélé dévastateur, il faut bien avouer que les conditions de sa mise en œuvre n’étaient guère satisfaisantes. Prenant en compte l’opposition des enseignants et l’inquiétude des parents, le maire a finalement décidé d’adresser un questionnaire à tous les parents concernés.

Les résultats sont très clairs : avec un bon taux de participation (plus de 60 %), les parents se sont prononcés à 72 % pour le report de la mise en application des nouveaux rythmes scolaires à septembre 2014. Quand elle sera effective, ils sont 71 % à préférer que l’accueil par la mairie se fasse de 15 h 45 à 16 h 30 plutôt qu’entre 13 h 30 et 14 h 15, et 89 % pour que la demi-journée supplémentaire se fasse le mercredi matin plutôt que le samedi matin.

Le conseil municipal du 28 mars a donc pris acte de ces résultats et voté à l’unanimité le report de la mise en application de la réforme à septembre 2014. Si la proximité des élections municipales n’est sans doute pas étrangère au choix de cette procédure, on ne peut néanmoins que se féliciter qu’elle ait été employée et souhaiter qu’elle le soit plus souvent sur les sujets qui nous concernent.

 

Le maire de Soisy n’est pas d’accord avec le vice-président délégué du conseil général

Que deux élus ne soient pas d’accord sur un projet, c’est une chose courante et normale en démocratie. Là où ça commence à être un peu plus gênant c’est quand, grâce au cumul des mandats, ces deux élus ne sont en fait qu’une seule et même personne.

On connaissait déjà les variations de position de Luc Strehaiano ces vingt dernières années au sujet de l’Avenue du Parisis (BIP). Mais, après tout, les situations évoluant au cours du temps, on peut considérer qu’il est normal que les positions varient également, comme le maire de Soisy en a donné une explication à demi-convaincante lors du conseil municipal du 20 décembre 2012.

Mais là où cela devient beaucoup plus problématique, c’est quand la même personne tient un discours radicalement différent suivant la casquette qu’il a sur la tête : que faut-il croire quand Luc Strehaiano écrit au collectif Vivre sans BIP, le 9 novembre 2011 en tant que vice-président délégué du conseil général, « je peux vous assurer que le projet de l’Avenue du Parisis prend résolument en compte les impératifs de protection de l’environnement et de développement durable » alors qu’un an plus tard, sur le même projet, il fait voter par le conseil municipal de Soisy une délibération disant que « les contraintes posées par le projet représenteraient de réelles difficultés, tant en termes d’insertion que de dimensionnement que de cadre et qualité de vie » ?

Alors, finalement, ce projet de BIP, il est nocif pour l’environnement ou pas nocif pour l’environnement ? Quelle confiance garder en notre système de représentation démocratique devant de telles virevoltes ?

 

 

 

 

Incertitudes sur la pollution du terrain des Fonderies Bernard

Ce jeudi 7 février, le conseil municipal a accordé un montant de 1.500.000 euros aux consorts Filloux pour l’expropriation de leurs terrains rue d’Alembert et avenue du Général-Leclerc sur lesquels se trouvaient les Fonderies Bernard.

Ces terrains étant prévus au plan d’occupation des sols pour la construction d’un espace culturel, les élus de Soisy pour Tous ont voté en faveur de cette délibération. Toutefois, malgré les assurances du maire, il reste de fortes incertitudes sur le niveau de pollution de ces terrains et donc des coûts auxquels va se monter la dépollution.

Mais peut-être que, en cas de mauvaise surprise, cela servira finalement de nouveau prétexte pour retarder la construction de cet espace culturel, qui était déjà promis par     M. Strehaiano dans son programme de 1995, ainsi qu’en 2001 et 2008. Et donc encore en 2014 et peut-être aussi hélas en 2020 et 2026…

 

 

Les nouveaux membres du conseil municipal de jeunes ont des projets, mais…

Ce mercredi 30 janvier avait lieu l’installation officielle des nouveaux membres du conseil municipal de jeunes. Au cours d’une cérémonie à la mairie dans la salle du conseil municipal, la maire adjointe à la jeunesse Bania Krawezyk a remis leurs insignes aux membres titulaires, presque tous collégiens à Schweitzer ou à Descartes.

Auparavant, ils s’étaient présentés et avaient été invités à dire en quelques mots quels étaient leurs motivations et leurs projets. Beaucoup ont évoqué leur désir de développer les rencontres, les voyages, les séjours sportifs, un bal de fin d’année… Parmi les idées plus originales, un concours d’orthographe, un espace aquatique extérieur à « La Vague », une radio locale. Mais, ce qui est revenu le plus souvent, c’est la création d’un skate park.

Les pauvres ! Sans doute ne savent-ils pas que la création d’un skate park avait été, déjà, une demande insistante du premier CMJ, élu en 2002 ! Mais que, ensuite, les adultes leur avaient bien expliqué toutes les bonnes raisons qui faisaient que ce n’était pas possible. Ceux de l’époque avaient fini par se résigner. En sera-t-il de même pour ceux qui viennent d’être élus ?

 

Les Soiséens privés de vœux

Ce soir se tient la cérémonie des vœux du personnel municipal au maire. Mais, cette année encore, il n’y aura pas de cérémonie des vœux du maire à la population. Comme dans de nombreuses communes avoisinantes, cette cérémonie traditionnelle avait été supprimée en 2010 pour cause d’austérité budgétaire généralisée. Pourtant, dès l’année suivante, la plupart des villes avaient renoué avec cette tradition républicaine. Mais, à Soisy, toujours rien.

Certes, personne ne regrettera les cérémonies de vœux telles qu’elles se déroulaient dans la salle des fêtes : un interminable discours d’autosatisfecit du maire avant d’avoir droit à un buffet plus que luxueux où malgré tout il était difficile d’accéder, tant ceux qui étaient tout fiers d’être considérés comme des notables de la ville jouaient des coudes pour avoir leur part.

Mais il est quand même regrettable que cette cérémonie ait été complètement supprimée, alors qu’il était possible de la transformer : comme d’autres villes de même strate savent le faire (Vauréal par exemple), on peut très bien proposer un événement festif auquel toute la population sans exclusive est invitée, et ensuite organiser un moment d’échange entre les élus et les citoyens où la simplicité et la convivialité remplacent le luxe et l’ostentation. Faudra-t-il maintenant attendre 2015 ?

 

 

Tours de passe-passe autour du logement social

Avec un taux de l’ordre de 24 %, la proportion de logements sociaux sur le territoire de Soisy est tout à fait correcte. Mais presque tous appartiennent à des bailleurs privés (France Habitation, 3F, Valestis), la Ville de Soisy n’en détenant quasiment pas en propre. Pourtant, elle se débrouille pour exercer un droit d’attribution sur bon nombre d’entre eux (plus de 300 sur un total de 1.800). Par quel tour de passe-passe ?

Tout simplement en achetant aux bailleurs des « droits directs d’attribution » : le conseil municipal du 20 décembre a encore décidé d’acheter à la société Efidis, pour la somme de 115.000 euros, 4 nouveaux droits directs d’attribution sur une durée de 25 ans.

Cette dépense ne sert donc absolument pas à améliorer l’offre de logement social, elle sert uniquement à acheter du pouvoir, en misant sur le fait que le demandeur qui aura eu l’impression de devoir son logement à la Mairie saura ensuite se comporter en bon électeur.

Cette façon de dépenser l’argent de la Ville étant totalement improductive et moralement douteuse, le groupe Soisy pour Tous (PS-EELV) n’a pas voté cette délibération.

 

Le BIP rêvé du maire de Soisy

Lors de son premier mandat de maire de Soisy (1995-2001), Luc Strehaiano était contre le BIP. Lors de son second mandat (2001-2008), il était pour le BIP. Et, depuis le 25 septembre dernier et les propos ambigus qu’il a tenus lors de la réunion publique d’information sur le BIP (devenu avenue du Parisis), on ne savait plus quelle était sa position. Suite aux questions que je lui ai posées, nous avons eu quelques éclaircissements lors du conseil municipal du 20 décembre.

En fait, ce qui l’embête dans le projet du conseil général, ce sont les voies supplémentaires qui ont été ajoutées pour le bus à haut niveau de service (BHNS) ainsi que les pistes cyclables et les voies piétonnes. Si l’on y ajoute les voies de dégagement nécessaires, il considère que le tout occupe une emprise considérable, ce qui n’est pas faux.

Il a donc fait voter une délibération émettant un avis défavorable au projet présenté par le conseil général (ce qui ne manquera pas d’étonner quand on sait qu’il est le n° 2 du conseil général). Mais dans cette délibération, il est dit aussi que « l’avenue du Parisis peut être une chance et une opportunité pour notre commune » et que le conseil municipal « redit sa détermination de rechercher des solutions visant au délestage des voies principales de Soisy-sous-Montmorency par rapport à la circulation de transit amenée par le BIP ».

Des solutions visant à améliorer la fluidité des voies principales de Soisy il en existe, comme celles que j’ai proposées lors de la réunion publique du 25 septembre. Mais, avec les explications verbales qu’il a données, on sait maintenant quel est le BIP dont rêve le maire de Soisy : une 2 × 2 voies sans BHNS et sans circulations douces !

Ne percevant pas le piège, les 4 élus socialistes ont voté pour la délibération avec la majorité de droite, j’ai été le seul à voter contre. Heureusement, dans le même temps à Deuil-la-Barre, c’est toute la gauche (PS-EELV-FDG) qui votait contre une délibération similaire.