Quand le président du conseil général prend en compte l’avis des réunions publiques

Le Parisien de ce matin nous apprend que « Arnaud Bazin s’insurge contre la décision du ministre ». La décision contre laquelle s’insurge Arnaud Bazin, c’est celle de valider la liaison TGV Roissy-Picardie en choisissant le tracé central parmi les deux hypothèses envisagées. C’est un choix qui peut effectivement se discuter, mais le plus savoureux réside dans l’argumentation d’Arnaud Bazin : il déclare que « ce choix est surprenant lorsqu’on sait que le 2 juillet 2012, élus et habitants ont rappelé leur hostilité au projet lors d’une réunion publique ».

Les habitants de Soisy, Montmorency, Groslay et Deuil sont donc rassurés, maintenant qu’ils savent qu’il est important pour le président du conseil général de tenir compte de l’avis exprimé lors des réunions publiques. Celui-ci, qui a pu constater lors des quatre réunions publiques de l’automne dernier l’hostilité des élus et des habitants à son projet d’Avenue du Parisis, va donc y renoncer !

 

 

Un 8 mai pas tout à fait ordinaire à Soisy

Les cérémonies marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale ont été ordinaires dans la mesure où, comme d’habitude, le maire a prononcé une allocution à tonalité plutôt nationaliste devant un parterre quelque peu clairsemé. Heureusement, le texte du ministre des Anciens Combattants qui a été lu ensuite, après le naturel hommage aux combattants, évoquait le traité de l’Elysée qui a marqué le début de l’amitié franco-allemande, traité d’autant plus admirable que c’est l’auteur de l’appel du 18 juin qui en avait pris l’initiative.

Comme d’habitude aussi, la fanfare municipale a tenu dignement sa place. Comme d’habitude encore, le maire, les officiers présents, le président de l’Association des anciens combattants, ont serré la main des porte-drapeaux. Et, de façon beaucoup plus étonnante, s’était joint à eux M. le curé de la paroisse Saint-Germain de Soisy. Un prêtre serrant la main aux porte-drapeaux ? On se demande bien à quel titre… Voilà encore un petit dérapage qui a de quoi inquiéter les défenseurs de la laïcité républicaine, mais aussi les pratiquants des autres religions, voire même la hiérarchie catholique.

Alors que cela fait partie des domaines où le premier magistrat de la commune devrait être exemplaire, de telles faiblesses sont dangereuses pour la cohésion sociale et il serait du devoir du maire d’y être beaucoup plus attentif.

 

Des armes attribuées illégalement aux agents de surveillance

Le Parisien de ce matin révèle que le maire de Soisy s’est fait rappeler à l’ordre par le préfet, celui-ci lui indiquant que les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) n’ont pas à être munis de bombes lacrymogènes puisqu’il s’agit là d’armes de 6e catégorie. Or, cela faisait trois ans qu’ils en étaient équipés, en toute illégalité !

Luc Strehaiano a obtempéré aux injonctions du préfet, mais tout en indiquant qu’il pensait qu’il y avait une mauvaise interprétation des textes et qu’il avait demandé un rendez-vous au ministère de l’Intérieur pour se faire préciser l’état de la réglementation.

Je suis un peu surpris qu’un fin connaisseur de la réglementation comme Luc Strehaiano puisse ignorer la réponse qui a été faite par le ministre de l’Intérieur à une question écrite parlementaire, très précisément sur ce même sujet (Journal officiel du 10 avril 2012). En fonction du décret 2000-276 du 24 mars 2000  et d’une circulaire ministérielle du 15 février 2005, il est dit clairement que, contrairement aux agents de police municipale, les ASVP ne peuvent être armés, même d’arme de 6e catégorie, et qu’il n’est pas prévu de modification sur ce point.

Comme le montre l’exemple qu’il donne, Luc Strehaiano va sans doute tenter d’argumenter sur le fait que tout à chacun peut porter une arme de 6e catégorie s’il y a un motif « légitime », même si la jurisprudence des tribunaux est très restrictive à ce sujet. Derrière cette « légitimité » se pose la question de sa conception de l’organisation de la sécurité publique. Sachant que les ASVP ont pour consigne de ne pas verbaliser tous les véhicules mal stationnés aux alentours du marché pour ne pas pénaliser le commerce alors que normalement c’est leur rôle, on se demande finalement quelle est la mission que leur a attribuée le maire de Soisy. Et c’est encore un sujet de fond qui n’a jamais été discuté en conseil municipal ni dans aucune instance.

D’une façon plus générale, ce petit dérapage montre combien il est nécessaire de clarifier les rôles de chacun en matière de sécurité publique entre gendarmerie, police nationale, police municipale, gardes champêtres, agents de surveillance de la voie publique… Cela fait plusieurs années qu’Europe Ecologie Les Verts réclame une simplification globale et un meilleur encadrement des forces locales de sécurité.

 

Ça roule (trop bien) pour la rue de Montmorency

Le Soisy Magazine qui vient d’être déposé dans nos boîtes à lettres nous apprend que « à la demande de Luc Strehaiano, maire, vice-président délégué du conseil général, le conseil général a programmé cette année la rénovation de la couche de roulement de la rue de Montmorency ».

Je ne m’étendrai pas sur le fait que le maire de Soisy fait une demande au conseil général dont il est le numéro 2, et que donc en quelque sorte il fait une demande à lui-même… Ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres des dysfonctionnements engendrés par le cumul des mandats, le plus gênant étant le choix lui-même et ses conséquences.

Le caractère bisauté du trottoir diminue encore la protection normalement offerte aux piétons

La rue de Montmorency est une des rues les plus dangereuses de Soisy pour les piétons qui osent s’y aventurer, entre autres du fait de l’étroitesse et de la configuration des trottoirs. Avec une couche de roulement refaite à neuf, les automobilistes auront tendance à rouler encore plus vite, puisque l’on se trouve sur une départementale et que nombreux sont ceux qui n’ont pas l’impression d’être en ville. A preuve que les priorités à droite dont bénéficient normalement les allées ne sont jamais respectées et que certains s’autorisent des dépassements potentiellement meurtriers alors qu’ils sont formellement interdits.

A partir du moment où le conseil général n’a pas l’argent pour faire les travaux permis par l’alignement et faire une voie sécurisée pour les circulations douces comme il l’a fait rue du Docteur-Schweitzer (il préfère le dépenser pour l’avenue du Parisis !), refaire juste la couche de roulement est donc une opération nocive. D’autant qu’il n’a même pas été prévu de mettre des passages piétons à chaque intersection, petit coup de peinture qui au moins soulignerait le caractère urbain de cette voie.

 

Alerte à la pollution : à qui la faute ?

« Le seuil de pollution aux particules pourrait être atteint aujourd’hui dans l’agglomération parisienne, selon les prévisions d’Airparif », nous apprend l’édition Val-d’Oise du Parisien de ce matin, qui continue ainsi : « En cause : le soleil et l’absence de vent. »

Il est effrayant de constater à quel point le conditionnement dont nous sommes l’objet nous fait prendre tous les problèmes à l’envers et pervertit notre jugement : non, ce ne sont pas le soleil et l’absence de vent qui sont la cause de la pollution, mais évidemment le modèle de développement qui continue d’ignorer notre environnement. Aujourd’hui, c’est ce mode de développement qu’il faut avoir le courage de remettre en cause, plutôt que d’incriminer le soleil et le vent !

 

Des subventions régionales pour les aménagements cyclables

Pierre Serne, vice-président aux transports et à la mobilité de la région Ile-de-France, était hier soir à Mériel pour une réunion publique. S’il a bien sûr parlé des projets « lourds» comme la future gare d’interconnexion à Pleyel qui sera capitale pour notre département, il a aussi évoqué une multitude de mesures de nature à améliorer notre mobilité au quotidien.

Par exemple, la Région souhaite développer les circulations douces. Mais comme, en tant qu’institution, elle n’a pas de maîtrise de la voirie en direct, elle subventionne de 40 à 60 % les projets d’aménagements cyclables qui lui sont présentés par les collectivités locales, en particulier les communautés d’agglomération. Jusqu’à 60 %, c’est un taux de subvention exceptionnel ! Si Luc Strehaiano, maire de Soisy et président de la Cavam, pourtant habituellement très habile à décrocher les subventions, n’a rien fait en ce domaine, c’est donc bien parce qu’il préfère que continuent à se développer les moyens de transport les plus polluants.

Mais nous sommes au XXIe siècle et il faudra bien, tôt ou tard, nous adapter. 2014, avec les élections municipales et aux conseils communautaires, sera la bonne occasion de renouveler les élus afin de pouvoir mettre en place des politiques répondant aux problèmes de notre temps.

 

 

Le conseil municipal de Soisy, une instance où sont prises les décisions ?

Les rares Soiséens qui viennent assister aux séances du conseil municipal sont souvent frappés par le manque de débats lors de ces réunions : un conseiller municipal de la majorité lit un projet de délibération qui a été rédigé par les services administratifs, une fois sur 4 ou 5 il y a un conseiller municipal de la minorité qui pose une question ou fait une déclaration à laquelle répond le maire et puis c’est tout, ça s’arrête là.

Cette façon de faire n’est pas en soi un problème dans la mesure où la séance du conseil municipal est normalement la mise en forme et l’officialisation de débats antérieurs, où elle n’est que l’aboutissement d’un travail qui s’est fait préalablement dans les commissions municipales.

Là où cela devient beaucoup plus gênant c’est lorsque — comme cela se passe à Soisy —, les commissions elles-mêmes ne font qu’entériner des décisions qui ont été prises avant. Ainsi, dans le compte-rendu de la commission de la réussite éducative du 19 mars, on peut lire par exemple ceci : « Mme Bonneau rappelle que M. le Maire a décidé d’accorder une participation exceptionnelle de 80 euros par élève soiséen du collège Descartes participant au voyage en Bretagne et en Normandie. Cette aide financière sera votée lors de la séance du conseil municipal du 28 mars prochain ».

Cet état de soumission aux décisions du chef suprême est tellement intériorisé par chacun que ça ne choque plus personne d’écrire de telles énormités dans un compte-rendu de commission ! Il y a du chemin à faire pour revenir aux sources de la démocratie…

 

Europe Ecologie Les Verts défend les avancées du SDRIF

Le Schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF), qui a été élaboré et voté par la majorité de gauche du conseil régional, est soumis à enquête publique jusqu’à fin avril. Ce projet de schéma ayant été violemment attaqué par la droite et mollement défendu par l’opposition PS-PC lors de la séance du conseil général du Val-d’Oise du 18 janvier, le groupe Vallée de Montmorency d’Europe Ecologie Les Verts distribue un tract pour inviter les citoyens à se mobiliser pour défendre les avancées contenues dans le SDRIF.

Avenue du Parisis (BIP), nuisances aériennes, terres agricoles, plaine de Pierrelaye, logement, travail et place des associations sont les principaux sujets évoqués dans ce tract que l’on trouve également ici : cavamécologie sdrif.

Précision : contrairement à ce qui est écrit, Michel Montaldo n’est pas vice-président à l’environnement du conseil général, mais vice-président chargé du Grand Paris. La confusion vient du fait que c’est lui qui anime le Conseil val-d’oisien du développement durable, mélange des genres qui en dit long sur les conceptions du département en matière de développement durable…

 

Après Cahuzac

Après les terrifiants aveux de Jérôme Cahuzac, je n’ai pas eu envie de participer au flot de commentaires, tout ayant été dit par des personnes plus talentueuses que moi.

Cependant, avec tout ce que cette affaire révèle de dysfonctionnements majeurs au cœur de notre système, on ne peut rester inactif. Il faut, immédiatement, des mesures fortes pour que tous les citoyens puissent de nouveau avoir confiance en notre démocratie représentative. C’est pourquoi, même si bien sûr cela ne sera pas suffisant, j’ai signé la pétition proposée par Attac qui, dans une lettre ouverte au président de la République, demande que cinq mesures clés soient prises sans tarder.

Ces mesures consistent en l’embauche de 1.000 agents de contrôle fiscal (qui rapporteront plus qu’ils ne coûtent) ; l’exigence que les banques communiquent l’identité de tous les Français détenteurs de comptes à l’étranger ; l’établissement d’une liste crédible des paradis fiscaux ; l’obligation pour les banques françaises de fermer leurs filiales dans les paradis fiscaux ; l’obligation du « reporting par pays » aux multinationales établies en France. Cette pétition se trouve ici : http://www.france.attac.org/dossiers/stoppez-levasion-fiscale

 

On peut s’appeler Emeraude et oublier le vert

Le syndicat Emeraude, qui est le syndicat intercommunal qui gère le ramassage et le traitement des ordures ménagères, vient de déposer dans nos boîtes sa lettre d’information  pour nous rappeler ce que nous devons faire pour que le tri et le recyclage des déchets soient réellement efficaces. Fort bien. Mais il y a un problème qui est largement occulté, celui des déchets verts, qui est pourtant un problème d’importance chez nous où les zones pavillonnaires sont nombreuses.

Petit modèle de composteur

La seule solution proposée est « d’offrir un composteur à son jardin ». Avoir un composteur est effectivement la solution idéale puisqu’en recyclant sur place on évite ainsi des transports inutiles. Mais ceux qui sont proposés sont sous-dimensionnés et souvent mal utilisés par leurs propriétaires, qui ne sont pas tous des jardiniers expérimentés. Faire son compost demande un apprentissage puis une certaine expérience. Voilà des emplois qui seraient utiles à créer, pour que chacun puisse optimiser ses équipements ! Mais, de toutes façons, avec les nombreuses haies qui demandent des tailles fréquentes, les composteurs ne peuvent être suffisants.

Une collecte spécifique de ces déchets verts serait donc nécessaire et permettrait de fabriquer du compost de qualité plutôt que ceux-ci soient mélangés au reste des ordures puis brûlés. Val Horizon a les installations nécessaires à Montlignon, c’est donc facile à organiser à coûts constants. Qu’attendent les élus qui nous représentent dans le syndicat Emeraude pour prendre cette décision écologique de bon sens ?